‹ La jeunesse d'Elisabeth d'AngleterreChapitre 90 sur 133 · Foxe, loc. cit · texte numérisé non relu

Foxe, loc. cit

4. Renard à Gharles-Quint, Londres, 21 décembre 1554. Papiers d'État de Granvelle, t. IV, p. 348.

de 1553 : Elisabeth exclue, la couronne se trouvait dévolue de plein droit à la reine d'Ecosse, future reine de France, Marie Stuart ^ Enfin, on n'aura pas oublié que l'Empereur, dès qu'on laissait vivre la prisonnière, avait désiré que l'on remit à la venue et à l'intervention de son fils l'adoption de la résolution finale '. En cela, comme sur le chapitre des gratifications et des pensions aux seigneurs anglais, dont il n'avait pas voulu que rien fût reparti à l'avance ni par d'autres mains, il entendait réserver au prince le mérite et le profit de tous actes gracieux. Le roi pouvait donc pour diverses raisons se faire en quelque sorte le patron d'Elisabeth. Qu'est-il besoin d'admettre avec quelques-uns que, à peine marié, il ait, prévision odieuse, auguré de sa femme une fin prochaine ? que, déterminé à rester bon gré mal gré l'époux de la couronne d'Angleterre, il méditât déjà de passer d'une sœur à l'autre et prit, pour ainsi dire, hypothèque sur Elisabeth ? Loin de là : les papiers authentiques prouvent qu'il pensait très-sérieusement à la marier, pourvu que ce ne fût pas dans le royaume : car, disait Renard, dont nous résumons ici les conseils, il y avait lieu de redouter qu'elle ne tirât son mari, fût-il catholique, à la nouvelle religion, et, si elle devenait reine, que le royaume ne retournât à l'hérésie et à l'alliance française. Donc, il fallait l'unir au dehors avec un homme constant et ferme, à la dévotion de l'Espagne; et le parti décidément le plus sortable et le mieux en situation pour cet objet était le duc de Savoie, prince d'ailleurs bien vu en Angleterre. Il emmènerait sa femme en Flandre ; ils achèveraient l'alliance des deux États, et alors, comble de succès, idéal de l'Empereur, l'Angleterre se déclarerait facilement en guerre contre la France pour aider le duc à réconquérir son héritage 3,

1. Mémoire de Renard au roi (d'Angleterre) Philippe (8 février 1555). Papiers d'État de Granvelle, t. IV, p. 395.

Page 1