‹ La jeunesse d'Elisabeth d'AngleterreChapitre 94 sur 133 · Foxe, t. VII, p · texte numérisé non relu

Foxe, t. VII, p

Mach lUBpeoted by me, Nothing proved caa b«, Quoi h Elizaboth, prisoner.

4. Foxe, t. VIII, p. 609-620. Dans ce voyage de retour, Elisabeth coucha le premier jour à Ricot, chez lord Williams de Tame ; le second jour, à Winge, chez M. Donner; le troisième, à Colnebrook; le quatrième, elle

précautions aurait rappelé à la jeune princesse, si elle avait été tentée de le mettre en oubli, que, tirée de prison, elle n'était pas libre, car elle restait suspecte ; elle avait à subir encore une épreuve. Elle arriva à Hampton Court le 29 avril 1555, le lendemain du départ de Courtenay pour le continent *. Vainement on aurait cherché, dans le cortège et dans le cérémonial, rien qui ressemblât à Témotion joyeuse d'une famille oubliant se» discordes pour serrer à nouveau ses liens détendus : ce fut dans le triste appareil de la captivité, sous l'escorte des soldats de sir Henry Bedingfeld, et par une porte de derrière, qu'elle entra au palais. Elle fut placée près de l'appartement du roi, dans le logement que le départ du duc d'Albe pour les Pays- Bas venait de laisser disponible. Toute communication au dehors lui fut interdite. Seulement il paraîtrait que, dès les premiers jours, le roi serait venu la voir, désireux de connaître cette belle-sœur, si renommée parmi les beaux esprits, et, malgré son isolement, si forte, si redoutable, comme personnage politique, par son caractère et par sa popularité. Ce qu'ils se dirent, on l'ignore. Il est permis de penser, d'après la con-

arriva à Uamptou Court. Nous allons suivre le récit de Foxe, sans le garantir dans tous ses détails. Mais il n'y a pas d'autres sources. Il a été reproduit par Uolinshed, p. 1158, et avec quelques variantes par Heywood, p. 150-160.

1. Noailles, Mémoires et Instructions du sieur de La Marque , 7 mai 1555. Archiv, aff. étr., Anglet., 1553-1556, t. I et II, p. 827. « Le lendemain, 29 avril, Madame Elisabeth vint à cette cour... n Et Giov. Michieli au doge, 29 avril 1555, dans Friedmann, p. 33. « Le 8 avril courant, j'écrivis & V. S. qu'on espérait voir bientôt milady Elisabeth en liberté ; elle saura que, aujourd'hui ou demain poiur sûr, elle sera à la cour auprès de Leurs Majestés , et qu'elle n'en partira pas jusqu'après les couches de la reine. » Car on disait que, en cas de mort de Marie, le roi méditait d'épouser Elisabeth. Ces deux textes nous permettent de fixer avec certitude la date de la sortie de Woodstock : le voyage ayant duré quatre jours, elle eut lieu le 25 avril. Quelques écrivains l'ont reculée à tort jusqu'au mois de juin. Parmi eux est M. Froude (t. IV, p. 357) ; cet historien rapporte que, à Hampton Court, Elisabeth fut reçue par lord William Howard et que les courtisans affluèrent auprès d'elle, lui apportant leurs félicitations. Cela est tout à fait en contradiction avec toutes les sources. Elisabeth trouva d'abord à la cour une réclusion presque aussi étroite que celle de Woodstock.

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duite ultérieure du prince , qu'il sortit de là confirmé dans les dispositions favorables qu'il avait manifestées déjà >. Quant à Marie, quoiqu'il n'y eut rien de prouvé^ elle restait intimement convaincue qu'Elisabeth avait pactisé avec l'insurrection. Lassée à la fin de l'inutilité des recherches judiciaires, elle en avait pris son parti et avait résolu de pardonner. Cependant, au préalable, dans l'intérêt de sa responsabilité comme de la dignité royale, elle aurait souhaité qu'Elisabeth déclarât s'en remettre à sa merci, sorte d'aveu général de culpabilité, sur lequel le pardon se serait étendu aussitôt. Mais Elisabeth, puisqu'il n'y avait rien de prouvé, était plus éloignée que jamais d'entrer dans ce rôle ingrat de coupable repentante et graciée. A Hamplon Court, de même qu'à Whitehall après son arrestation, puis à la Tour et à Woodstock, elle avait la ferme résolution de se refuser à tout ce qui ressemblerait à s'accuser elle-même bénévolement, et de réclamer des juges. Après qu'un tel système lui avait réussi dans la tempête la plus effrayante, comment y

1. Cette visite du roi & Elisabeth est un fait nouveau. Aucun historien ne Ta nientionnée. Elle est rapportée dans les papiers inédits de Noailles (Archiv aff, ét7\, Anglet., 1553-1556, l. I et II, p. 827). Mémoires et Instructions du sieur de La Marque allant vers M, le Connestable^ 7 mai 1555 : « Le lendemain, 29 avril, Madame Elisabeth vint à ceste cour, laquelle ce roy fut visiter deux ou trois jours après, ayant été auparavant advertye par la royne sa sœur de se tenir le plus richement vestûe qu'elle pourroit quand cedict seigneur Tiroit veoir. » Cette recommandation de la reine, conforme à ses goûts de toilette (Elisabeth exagérait alors la simplicité), vient à Tappui de lauthenticité du fait. Cependant, malgré Texactitude habituelle des informations de Noailles, nous aurions hésité, si nous n'en avions pas trouvé la confirmation chez les Vénitiens. Giovanni Michieli, dans une dépêche du 6 mai 1555 au doge, raconte qu Elisabeth est arrivée en grand particuher, accompagnée seulement de quelques dames et serviteurs : « On Ta mise dans Tappartement du duc d'Albe, où elle vit très-retirée, n'ayant été jusqu'à cette heure visitée de personne, excepté une ou deux fois de Leurs Majestés par des issues secrètes. » Non essendo fin' hora stata veduta da alcunoy eccetto che una o due volte da queste Majesta per vie secrète. Dans Friedmann, p. 36. L'ambassadeur vénitien va sans doute trop loin en parlant des visites de Leurs Majestés, car il parait certain qu'Elisabeth ne vit pas la reine avant la soirée où elle fut mandée subitement devant elle, un mois environ après son arrivée à la cour.

renoncer quand Taccalmie qui en était le prix lui' ouvrait l'accès du port ? Elle leva donc la tête plus haut que jamais et acheva de triompher.

Quinze jours de solitaire et triste réclusion se passèrent d'abord, jusqu'à ce que son grand-oncle, William Howard, eut la permission de pénétrer près d'elle. Consolée et ranimée, elle le pria de lui procurer un entretien avec quelques-uns des membres du Conseil. Bientôt, en effet, le chancelier, évêque de Winchester, les comtes d'Arundel et de Shrewsbury, le secrétaire Petre, se présentèrent devant elle, avec toutes les marques du respect.

Peut-être croyaient-ils qu'elle allait s'humilier. « MUords, dit-elle en leur rendant leur salut , je suis heureuse de vous voir ; car, en vérité, j'ai été retenue bien longtemps loin de vous, dans la désolation et l'abandon. Maintenant, veuillez être mes médiateurs auprès du roi et de la reine, afin que je sois délivrée de ma prison, qui a été si longue, comme vous ne l'ignorez pas, milords. » A ces mots, le chancelier, un genou en terre, lui demanda de faire d'abord acte de soumission à la reine, ne doutant pas alors d'une heureuse issue, conforme à ses désirs. S'il se flattait qu'elle entrerait dans celte voie sans en deviner le terme, il fut détrompé sur-le-champ. Aussi clairvoyante qu'autrefois, quand on la harcelait de questions et de pièges au nom du duc de Somerset, elle répliqua par un refus véhément : plutôt que d'agir ainsi, elle aimerait mieux, ditelle, garder prison toute sa vie. Si jamais elle avait péché contre la reine par pensée, parole ou action, ce n'était pas merci, c'étaient des juges qu'elle demandait. « Au surplus, continua-t-elle, si je cédais, je parlerais contre moi-même ; je confesserais que je suis coupable, ce que je ne fus jamais ; et alors le roi et la reine auraient pour toujours sujet de prendre mauvaise opinion de moi. Non, non, milords, plutôt rester en prison pour la vérité, que d'être à la fois libre et suspecte à ma souveraine !»

Gardiner n'était pas homme à se rebuter facilement. Le lendemain, il revint à la charge. Agenouillé devant Elisabeth, il lui dit que la reine s'émerveillait qu'elle s'obstinât ainsi à ne pas confesser son offense envers elle. C'était donc qu'on l'avait emprisonnée injustement. « Non, dit-elle, je n'ai jamais eu cette pensée ; Sa Majesté est maîtresse de me punir comme elle l'entend. — Soit, répondit le chancelier; Sa Majesté m*a commandé de vous dire qu'il vous faudra parler d'autre sorte *, si« vous voulez être mise en liberté. — Hélas ! répondit-elle, je préfère rester prisonnière, ayant l'honnêteté et la vérité avec moi, au lieu d'être hors d'ici, libre et suspecte à ma souveraine. Ce que j'ai dit, je le maintiens ; je ne m'en donnerai jamais le démenti. — Votre Grâce, repartit le chancelier avec ironie, prend avantage sur moi et sur les lords, de son long et injuste emprisonnement. — Quel est cet avantage? répliqua-t-elle avec la vigueur accentuée de menace dont elle était coutumière dans les situations critiques. Il n'y a que Dieu et votre conscience qui puissent le dire. Je le déclare ici devant lui, pour ce qui est de votre conduite passée envers moi, je n'ai pas à chercher de remède ; seulement je prie Dieu qu'il vous pardonne à tous, et à moi aussi, ajouta-t-elle par un ressouvenir d'humilité chrétienne. — Amen, amen, » répondit l'évêque en s'en allant.

Cependant, malgré ses paroles altières, Elisabeth ne s'abandonna pas : lettres, sollicitations, intervention de ses amis, elle eut recours à toutes les ressources '. Une semaine se consuma encore dans une attente stérile. Tout à coup, sur les dix heures du soir, on vint lui annoncer que la reine la mandait en sa présence. Cet ordre tombant à l'improviste, l'heure tardive, les ténèbres, épouvantèrent Elisabeth. Les fantômes de mort hantèrent encore une fois son imagination. Avant de s'éloigner, elle se recommanda aux prières de ses serviteurs et de ses femmes, car pouvait-elle dire si eUe les reverrait jamais? Sir Henry

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