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L’ami qui avait si bien servi Henriette mérite qu’on le présente. C’était le Dt Félix Descuret, médecin parisien, d’origine bourguignonne, homme d’un esprit distingué et d’une remarquable abondance de culture, attestée par les travaux d’humaniste et d’érudit auxquels il se livrait sans négliger l’exercice actif de la médecine. Réputé dans sa profession, ou il s’était formé une clientéle de choix, Descuret n’était pas, dans l’ordre littéraire, un simple amateur ; s’il lui edt plu de s’adonner 4 l’enseignement, 1’ Université ett trouvé en lui une trés honorable recrue. Il avait le grade de docteur és lettres. La docte édition de Cornélius Népos qui figure dans la Bibliothéque classique latine de Lemaire, est de lui. Son Supplément au Cours de Littérature de La Harpe, sa Théorie morale du gott, écrits dans un tour un peu déclamatoire et fleuri, rentrent plutot dans le genre de la pédagogie élevée que dans celui de la critique, mais témoignent d’une connaissance des lettres classiques qui eit fait honneur 4 un mattre de rhétorique de ce temps-la. Ce qu’il a laissé dé meilleur est la Médecine des passions, assez gros livre ot l’on ne trouve a4 louer, pour l’ensemble, qu’un moraliste substantiel, solide, judicieux, sans” vues percantes et originales, mais dont les deux derniers chapitres ne manquent ni d’intérét, ni de charme. L’auteur y étudie, d’aprés des observations personnelles et des confidences curieuses, les
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‘passions de l’intelligence et de l’imagination créatrice, cette irrésistible impulsion qui fait les grands savants et les grands artistes dévorés du zéle de leur ceuvre et capables de tout négliger, de tout abandonner pour elle. Ces pages valent encore la peine d’étre lues. Croyant zélé, mais préoccupé de faire Paccord de tous les esprits sur les questions de santé morale, Descuret ne consulte que la raison et que la nature. Il se réjouit de s’étre formé sur l’hygiéne d’une ame saine et tournée au bien des idées qui ont pu réunir l’approbation de ses deux illustres amis, le mateérialiste Broussais, et M. de Quelen, archevéque de Paris.
Cet honnéte homme était le médecin du Deisionnee de jeunes filles ou professait Henriette. Il ne dut pas étre long 4 discerner cette personnalité d’élite, a la mettre en confiance. Elle lui parla d’Ernest, de ses succés scolaires ; et je la vois dans sa passion fraternelle,‘sa seule passion, forcant le bon docteur a emporter dans sa poche le palmarés de Tréguier pour l’année 1837-1838, ot Ernest avait obtenu tous les prix de sa classe +. La semence ne pouvait tomber en meilleur terrain. Lié avec l’abbé Dupanloup, supérieur du petit séminaire de Saint-Nicolasdu-Chardonnet, Descuret le savait désireux de recruter dans les séminaires et colléges provinciaux de