Souvenirs, p
faut qu ‘il fat toujours agréable. Plus tard, évéque d’Orléans, on le verra beaucoup plus aimé de ses laiques que de ses prétres, qui porteront mal le joug et s’abonneront, en maniére de fronde, a [’ Univers de Veuillot. Vérification faite en ce qui concerne Saint-Nicolas, et autant qu’il est possible en une question de ce genre, cette disposition d’impatience irritée n’aurait existé que chez une partie du personnel enseignant, dont la majorité se serait philosophiquement accommodeée des intempérances autoritaires du maftre, en faveur de ses vertus, ou bien se serait laissé enlever dans son tourbillon et l’aurait suivi avec l’enthousiasme d’un dévouement sans bornes 1. De ses éléves, en tout cas (et c’est ce qui - nous intéresse), il était, comme dit Renan « adoré ».
1. De ces derniers devait étre M. Du Chesne, professeur de rhétorique..M. Dupanloup ayant fait en décembre 1840, un voyage a Rome, il écrit dans son compte rendu hebdomadaire du travail de la classe : « Enfin tout efit été parfait, si pendant cette semaine, il n’y avait pas eu quelqu’un de moins a Saint-Nicolas ; Horace n’aurait pas manqué de lui dire : 7p
Serus in celum redeas...
... Hic ames dici pater atque princeps.
Et ailleurs, A propos d’un devoir d’éléve : « Henri Nollin nous a raconté en vers latins une visite de Pierre le Grand 4 la Sorbonne, comme un homme qui trouve heureux ceux qui vont en Sorbonne ! » M. Dupanloup venait d’étre, comme nous le mentionnerons plus loin, chargé de la chaire d’éloquence sacrée 4 la Faculté de Théologie, en Sorbonne. J’emprunte ces textes naifs aux cahiers de notes de la classe de rhétorique pour l’année 1840-1841. Ces vieux registres scolaires de Saint-Nicolas sont en la possession de M. l’abbé Scheener, qui a bien voulu nous les communiquer. Nous y ferons d’abondants et, croyons-nous, de curieux emprunts.
Eux voyaient en lui le pére plus que le maitre.
Renan nous apprend qu’il n’existait pas de puni-
tion au petit séminaire; un éléve qui ne donnait pas satisfaction était exclu. Ce renseignement n’est pas tout a fait exact en droit ; il l’est en fait. On ne punissait pas, bien que certaines punitions fussent prévues, mais le Supérieur prononcait facilement et sans appel l’exclusion d’un éléve. Et ce qui est intéressant, c’est qu’il ne la prononcait pas seulement pour des fautes qui l’auraient déterminée en tout collége bien tenu, mais aussi en l’absence de fautes positives, et 4 cause de tendances qui, sans étre per-
verses en elles-mémes, faisaient un sujet réfractaire
a Vimpulsion générale qu’il voulait donner. « Vous étes un excellent jeune homme ; mais votre esprit n’est pas ce qu'il nous faut; séparons-nous amis ; quel service puis-je vous rendre ?? »