Fragments intimes et romanesques, p
Parmi les nicolaites, il n’y a absolument que M. Billion” qui ait l’esprit philosophique...; les autres ne sont que de beaux parleurs qui veulent mettre du bon sens et des preuyes de sentiment en tout, méme en géomeétrie =
Ces lignes sont datées d’Issy. L’année suivante, Renan écrit de Saint-Sulpice :
L’esprit nicolaitique, dont il restait quelques vestiges 4 Issy, est ici complétement noyé dans la foule, vu que les nicolaites ne font qu’un point imperceptible au milieu de ceux qui viennent des autres diocéses et qui ont géneralement un meilleur esprit et des tétes plus solides *.
C’est assez net. Et je veux bien que ce ton tranchant dénote une part d’exagération injuste. Du moins, est-il bien significatif que ce soit sous la forme -
1. Fragments intimes et romanesques, p. 201. — M. Billion était, en effet, un esprit des plus remarquables. Il fut appliqué par ses mattres aux études de mathématiques et de physique et devint professeur de ces sciences au grand séminaire de Bourges. C’est de la qu’il entretint avec Renan, devenu laique, une correspondance suivie, toute consacrée a des questions de physique générale et de philosophie. Ses lettres forment de véritables volumes. Elles se trouvent dans le recueil des inédits de Renan a la Bibliothéque Nationale. Il semble qu’il ne s’en soit perdu aucune. Que sont devenues celles de Renan ? La découverte serait digne de tenter un fureteur. M. Billion, aprés avoir enseigné quelques années A Bourges, fut envoyé au Canada ow il se consacra exclusivement a l’apostolat religieux. Si on pouvait retrouver les lettres de Renan, la publication, au moins partielle, de cette correspondance ofirirait le plus vif intérét. Je n’ai pas fait une étude approfondie des lettres de M. Billion. Il faudrait pour apprécier les idées théoriques qui y foisonnent, une compétence que je n’ai pas. Mais j’y ai rencontré des traits qui mont frappé. Son imagination scientifique était-elle sire ? Elle était au moins des plus vives et des plus abondantes, :