Souvenirs, p
gogie. Humble sujet que la pédagogie pour un . professeur au Collége de France célébre dans toute l’Europe! Encore est-il bon, quand on y touche, de se mettre 4 son niveau. Ce ne sera point s’abaisser ! La pensée personnelle est une chose qu’on ne sau- — rait demander a l’adolescence qu’avec beaucoup de ménagements et de précautions. On ne saurait lui donner 4 macher toutes crues, comme le pourront faire des tétes miries et entiérement formées, les vastes et rudes questions que la nature, l'état social, Vhistoire, la religion posent 4 Vesprit humain et dont les données se renouvellent pour une part plus ou moins considérable, avec chaque époque. Un tel régime serait le plus sir moyen de l’abimer, de la laisser faussée et fourbue. Les forces de cet Age sont tendres. Il faut les accroftre gradueliement. Pour y parvenir, quel autre moyen que de les exercer sur des matiéres de réflexion, d’analyse, de développement, spécialement choisies et élaborées 4 son usage et mises 4 sa portée ? Matiéres qu’on puisera certes dans la réalité, et dans la plus importante, qui ne devront blesser en rien la vérité psychologique et morale, mais qui n’admettront qu’une réalité simplifiée, réduite 4 des lieux communs aisémentaccessibles et commodes 4 parcourir pour de jeunes esprits. Cette simplification intellectuelle du réel est le propre office et la raison d’étre de l’école. Tl est nécessaire, en vue d’une bonne formation,