‹ La jeunesse d'Ernest RenanChapitre 56 sur 64 · Souvenirs, p · texte numérisé non relu

Souvenirs, p

LE SEMINAIRE SAINT-SULPICE 2 -OLo

jardin de l’Ie-de-France qu’il a vu palir les étoiles

du ciel catholique et s’entr’ouvrir l’orageuse vision

d’un monde sans Pére céleste et sans autels.

C’est en ce lieu que se sont formées, en méme temps que certains arguments decideés- et définitifs de sa critique et de sa philosophie, au moins négative, certaines sources fines et secrétes de sa poésie. « Je passais des heures sous ces longues allées de charmes, assis sur un bane de pierre et lisant. C’est la que j'ai pris (avec bien des rhumatismes peut-étre) un gotit extréme de notre nature humide, automnale, du nord de la France... Mon premier idéal est une froide charmille janséniste du xvire siecle, en octobre, avec l’impression vive de lair et l’odeur pénétrante de feuilles tombées. » Cette poétique phrase trahit une distraction. Le « premier idéal » d’Ernest Renan avait été la cathédrale de Tréguier. Il le dit dans la méme page : « Ce beau pare a été, aprés la cathédrale de Tréguier, le second berceau de ma pensée 1. »

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