‹ La jeunesse d'OvideChapitre 100 sur 203 · Fastes, Vl, v · texte numérisé non relu

Fastes, Vl, v

Ovide a visité (des marais fétides de Palicus et la région où l'Anapiis môle ses flots aux Ilots de (lyané ».

C'est aux environs du Mont-Etna que se trouvaient les deux cratères volcaniques, devenus deux lacs d'eau sulfureuse, qui avaient pour divinités les jumeaux Paliques, fils d'Hépliaistos et de la Nymphe Aetna, ou de Zeus et de la Nymphe Aithalia (ai6(i), brûler), fille d'Héphaistos. Les Mélamor- /j/ioses montrent le dieu Plulon, qui enlève la vierge Proserpine, passant « auprès des étangs des Paliques, dont les eaux exhalent l'odeur du soufre et bouillonnent au sein de la terre brusquement ouverte^ ».

Il est intéressant de noter que, si, à propos des voyages de la déesse, le poète cite les stagna PaJicoriim, dans VÉléf/ic à Macer, où il rappelle à son ami les paysages de Sicile qu'ils ont vus ensemble, il n'est plus question que des stagna Palici. Virgile, dans une allusion au culte rendu à la divinité de ce lac, qui était, comme toutes les divinités des eaux sulfureuses, entourée d'une vénération particulière, ne parle que de l'autel consacré à un seul dieu, Palicus, que les sacrifices rendaient favorable-. Heyne suppose que, si VÉnride ne mentionne qu'un seul autel et un seul dieu Palicus, c'est que, dès l'époque d'Auguste, il n'existait plus ({ue le seul lac qui demeure encore aujourd'hui^, dette supposition semble confirmée par le lémoi-

2. Enéide, IX, v. ;)8") : ... pinr/uis ubi et placahilis ara Palici.

W. Ileyne, note au ver.s oS.'i du livre IX de VEnéide. — I»our la

gnage d'Ovide, qui n'a vu lui-même avec Macer qu'un seul lac.

Non loin de ce lac sulfureux, l'Anapus au cours tranquille ^ mêle ses eaux, qu'il va déverser dans la mer, au sud de Syracuse, à celles de Cyané :

Entre l'étang de Cyané et la source d'Aréthuse, la Nymphe de Pise, la mer est resserrée dans une gorge en forme de croissant. Là était la demeure de celle qui donna son nom à l'étang, Cyané, la plus célèbre parmi les Nymphes de Sicile-.

Les Métamorphoses racontent comment la Nymphe fut changée en étang, par suite de la colère de Pluton^. La légende de Cyané, victime des fureurs du dieu qui préside aux phénomènes telluriques, et la légende des Paliques, fils de la Nymphe Aetna, se rattachent l'une et l'autre aux traditions mythologiques qui concernent le célèbre volcan de Sicile.

Merveille de l'île, l'Etna sollicitait la curiosité scientifique des anciens ou fournissait d'abondantes légendes à leur crédulité superstitieuse. Lucrèce, qui a entrepris de donner une explication dogmatique des éruptions de l'Etna'*, constate que le pays qui possède le volcan est un but de voyage d'études pour quiconque s'intéresse aux questions naturelles :

Là se trouve Gharybde, i^oufîre dévastateur; là gruiidc

légende des Palici, voirMacrobe, Snfurn., V, xix, les auteurs ritc^ par Heyne et la dissertation de Michaelis, Die Paliken, Halle, 18.i(i

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