‹ La jeunesse d'OvideChapitre 103 sur 203 · Enéide, III, v · texte numérisé non relu

Enéide, III, v

Au-desàus du visage de Timmense ïyphoeus est placée la haute montagne de TEtna; les flammes que le Géant exhale brillent le sol environnant K

C'est probablement en Sicile même qu'Ovide a recueilli cette tradition, opposée à celle de VEnéide^ qu'il répète sans se contredire dans tous ses ouvrages et qu'il expose avec des développements précis dans les Métamorphoses ; le Géant Typhoeus, foudroyé par Jupiter^, a été enfermé dans le soussol de la Sicile que sa masse occupe tout entier:

Une île immense, ïrinacrie, est amoncelée sur les membres du Géant; elle presse, accablé sous des masses énormes, Typhoeus, qui a osé aspirer aux demeures célestes. C'est en vain qu'il fait efï'ort, qu'il lutte souvent pour se relever. Sa main droite est au-dessous du cap Pélore, voisin de l'Italie, sa main gauche sous le cap de Pachynos, et le promontoire de Lilybée écrase ses jambes. L'Etna pèse sur sa tête; étendu sous la montagne, le féroce Typhoeus lance des tourbillons de sable et vomit des flammes. Souvent, il essaie à grand'peine de rejeter les terres pesantes, souvent il essaie de secouer loin de lui les villes et les grandes montagnes. De là, des tremblements du sol qui effraient le roi lui-même des ombres silencieuses. Pluton a peur que la terre ne s'entr'ouvre, que des gouffres profonds ne la déchirent, et que le jour lancé dans son royaume n'aille porter la terreur au milieu des ombres éperdues-^

Ovide trouve un moyen ingénieux de relier la légende de Typhoeus, enseveli sous l'Etna, à celle de Gérés et de Proserpine, les déesses de la Sicile. Inquiet des mouvements du Géant, Pluton est allé

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