t'/., III, V
:t. Met., V, v. 346-358.
faire une tournée d'inspection dans les fondements du sol de la Sicile; rassuré, il est remonté à la surface de la terre. Vénus l'a aperçu du haut du Mont-Eryx, qui est une de ses demeures; elle ordonne au dieu Amour de lancer une des llôches les plus acérées de son carquois sur le dieu des enfers, qui, aussitôt qu'il est atteint par le trait, s'éprend d'une violente passion pour Proserpine, qu'il voit au loin dans une prairie et qu'il se hâte de ravir et d'entraîner dans son royaume souterrain. Les Métaînorphoses décrivent avec une exacte précision le paysage où jouait Proserpine au moment oîi elle fut enlevée :
Non loin des murailles d'tlenna est un lac aux eaux profondes que l'on nomme Pergus. Jamais le Caystros n'a entendu les cygnes chanter en plus grand nombre sur ses eaux courantes. Une forêt couronne le lac de la cime de ses arbres et Tenveloppe de ses feuillages, qui, comme un rideau, écartent les feux de Phébus. Les arbres donnent de la fraîcheur; la terre, baignée par les eaux du lac, produit des fleurs aussi éclatantes que la pourpre de Tyr. C'est un printemps perpétuel. Proserpine joue dans ce bocage; elle y cueille les violettes et les lis brillants de blancheur. Pendant qu'elle dépense sa vivacité de j(^une lille à remplir ses corbeilles et les plis de sa robe, pendant qu'elle s'efforce de vaincre ses compagnes en cueillant plus de fleurs qu'elles, il suffit d'un instant à Pluton pour la voir, l'aimer, l'enlever ^.
Le lac de Pergus, que fréquentent des cygnes aussi nombreux et aussi harmonieux que ceux du Caystros, le fleuve célèbre de Lydie, n'est connu que par ce passage des Métamorphoses : c'est à Ovide que