‹ La jeunesse d'OvideChapitre 110 sur 203 · Nageotte, Ovide, etc., p · texte numérisé non relu

Nageotte, Ovide, etc., p

la Daulienne Procné chante en gémissant la destinée d'Ityleus ijui lui a été ravi K

Tout ce qu^i m'intéressait, la mort de mon frère, qui me plonge dans le deuil, me l'a fait oublier. 0 mon frère, (fui m'as été enlevé pour mon malheur ! En mourant, tu as brisé toute ma félicité. Avec toi toute notre maison est ensevelie dans la tombe. Avec toi ont péri toutes nos joies que nourrissait de ton vivant la douce affection que je te portais. Cette mort a chassé tout ce qui intéressait mon esprit, tous les délices de mon cœur!... Troie, ville criminelle, commun sépulcre de l'Asie et de l'Europe, Troie où furent ensevelis avant le temps tellement d'hommes et de courages, Troie (jui a aussi causé la mort misérable de mon frère! 0 mon frère qui m'as été enlevé pour mon malheur, ô mon malheureux frère à qui la douce lumière a été enlevée ! Avec toi toute notre maison est ensevelie dans la tombe. Avec toi ont péri toutes nos joies que nourrissait de ton vivant la douce affection que je te portais. Et, maintenant, te voici bien loin. Tu ne reposes pas parmi des sépultures connues, au milieu des cendres de tes proches. Mais c'est Troie, la ville infâme, c'est Troie, terre étrangère, qui te retient dans un funeste tombeau, à l'extrémité du monde -.

Après avoir parcouru bien des nations et traversé bien des mors, j'arrive, ô mon frère, pour offrir à tes mânes ce culte funèbre, pour te porter ce dernier présent destiné aux morts, pour adresser de vaines paroles à ta cendre muette, ])uisque la fortune t'a ravi à mon affection, ô malheureux frère, toi qui m'as été indignement enlevé ! Et voici, cependant, que, suivant l'antique coutume de nos ancêtres, les offrandes ont été déposées pour le triste culte funèbre. Keçois-les, ces offrandes mouillées de larmes fraternelles. Frère, à jamais salut et adieu 3 !

Ovide lui-même a consacré une élégie déclama- >ire, mais sincèrement émue, à la mémoire du

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