‹ La jeunesse d'OvideChapitre 116 sur 203 · Fasles, I, v. 638; VI, v · texte numérisé non relu

Fasles, I, v. 638; VI, v

2. Tristes, II, v. 93-96. — Cf. v. 9i : ... dccem dévies... viris.

LA JEUxNESSE D OVIDE 201

était le premier président et qui jugeait exclusivement les procès de propriété quiritaire. On sait l'importance que prit ce tribunal sous l'Empirer « Quant au recrutement des membres du collège, un texte de Dion Cassius(LIV, xxvi) paraît démontrer qu'il avait lieu par la voie du tirage au sort; mais on ignore sur quelle liste'-. » Un passage des Pontiques permet de supposer que les anciens decrmviri figuraient sur cette liste. Ovide exilé remercie son ami Maximus Cotta, qui lui a envoyé un plaidoyer qu'il avait prononcé devant les centumviri. Il est heureux de lire ce discours; il eût été bien plus heureux de l'entendre et de lui donner son suH'rage en qualité de juge siégeant au tribunal:

Comme j'en ai eu Thabitude, J'aurais pu être assis en qualité de juge parmis les centumviri chargés de l'écouter. [Au lieu de le lire en exil], c'eût été une plus grande volupté qui eût rempli mon cœur, si j'avais été là, me laissant entraîner par ton plaidoyer, lui donnant mon assentiment 3.

Il est évident qu'à la date où il écrit cette lettre, Ovide avait passé depuis longtemps l'âge où l'on était decemvir.^'W avait l'habitude, dans les années qui précédèrent son exil, de siéger parmi les cenlumviri, ceiii probablement parce que l'on tirait au sort un certain nombre de centumviri sur la liste des anciens dccemviri.

1. l>ialof/ue des Oraleurs, xxxvin : Causas ce nlumvivales nunc })rinnun obl'incnl locum.

2, K. Jobbé-Duval, article Centumviri, dans la Grande Enci/cloprdie.

:i. Vonl., III. V, V. 23 26. — Cf. v. 23 :

... Sedissem forsitnn units JJc centitm judcx in tua verba viris.

Alors qu'il était dans l'exercice de ses fonctions, l'importance principaleque l'esprit léger et mondain du jeune poète semble attribuer au décemvirat, c'est que cette magistrature lui donnait le droit de s'asseoir au théâtre parmi les personnalités qui jouissaient de places réservées. Il se fait dire par un vétéran, ancien tribun militaire dans les armées de César, qui est son voisin à une des représentations dramatiques données pendant les Jeux Mégalésiens :

La place que nous occupons nous l'avons gagnée, moi par mes services militaires, toi par tes services civils, puisque c'est ton titre de decemvir qui te vaut cet honneur. Nous aurions continué de causer, mais une pluie soudaine nous sépare ^

S'il a, comme il s'en vante, exercé ses fonctions judiciaires avec équité, il ne semble pas qu'Ovide ait du y faire preuve d'unegrande science juridique. On a prétendu qu'il possédait une connaissance approfondie du droit romain- : mais ses poèmes ne nous donnent et n'ont l'occasion de nous donner aucun témoignagne de cette érudition spéciale ; d'autre part, le poète des Amours déclare lui-même qu'il a toujours négligé d'étudier le verbiage des lois"^. On a prétendu qu'il fut avocat : Bayle a, depuis longtemps, réfuté cette affirmation fondée sur une confusion entre les controverses qu'Ovide, étudiant.

1. Fasf.e.'^, IV, v. 383-385. — Cf. v. :!SÎ : In/er bis qui nos usus Jioiiofe r/ros.

■2. (1. Iddckiniic. hc i/i.s^i/fi.l Ovidii jtcfilin jtir'is llomani. Amstcrflaui, 1811.

."{. Amours. I. w. w "i : Xcc nu' n'r/msas loges edisccre...

plaida à Técole de déclamation et les causes véritables qu'Ovide, avocat, aurait soutenues au tribunal'. Le poète déclare, d'ailleurs, qu'il n'a jamais consenti à prostituer sa voix au Forum'-.

Ce n'est donc pas pour se faire une position au barreau, mais c'est pour se donner tout entier à la poésie que le decemvii\ après avoir passé quelques années dans les magutratus minores, renonçait à poursuivre son cursus honoriini.

Avant même d'entrer dans le vigintisexvirat, Ovide avait été marié deux fois :

J'étais presque un enfant, quand on me donna une épouse qui n'était pas digne de moi et qui ne m'était bonne à rien. Elle fut ma femme très peu de temps. Une seconde épouse lui succéda. Contre celle-là, Je n'ai aucun grief: cependant, elle ne devait pas rester d'une manière durable dans mon lit^.

Nous ne savons rien de cette nec dir/na, nec utilis iixor^ que la famille d'Ovide lui avait fait épouser alors qu'il était encore tout jeune. On cherche, dit Horace S une dot, une femme riche, pour en avoir des enfants. Les parents d'Ovide lui avaient, sans doute, trouvé une épouse riche et bien dotée; mais le brillant élève dos rhéteurs, habitué à l'admiration de ses maîtres et de ses camarades, la jugeait indigne de lui; de plus, la compagne d'Ovide, qui était presque un enfant, devait être elle-même une

1. Hayle, Uiclionnaire historique et crlliyue, article Ovide, note E.

2. Amours, 1, xv, v. 5: ... nec me Ingrato vocem proslUuisse Foro.

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