‹ La jeunesse d'OvideChapitre 12 sur 203 · Amours, I, m, v · texte numérisé non relu

Amours, I, m, v

'>.. Ahinurs. m, XV, V. 5-G.

parvenu, un homme qui a gagné sa promotion à Tordre équestre sur les champs de bataille et sa richesse dans les pillages qui suivent les combats, il s'écrie dédaigneusement :

Voici un nouveau riche qui agagné son cens équestre par ses blessures ; on nous le préfère, ce chevalier repu de sang ^ .

Ovide tient à faire savoir que, s'il est chevalier, c'est qu'il appartient à cette noblesse équestre de province, où, depuis des générations, le titre de chevalier romain était héréditaire. Cette noblesse ne voulait pas être confondue avec la foule envahissante des parvenus, plébéiens à qui la somme de 400.000 sesterces, bien ou mal acquise, avait conféi'é le cpjis et ouvert Tordre équestre; soldats de César ou d'Octave, enrichis dans les dernières guerres, créés chevaliers au titre militaire ; manieurs d'argent, rarement honxiOXQ^^ jmblicani qui, devenus chevaliers en raison de leurs fonctions de fournisseurs, de fermiers-généraux ou d'adjudicataires, formaient une aristocratie bourgeoise et financière :tous, qu'ils dussent leur nouveau rang à leur fortune, à leurs services "militaires ou civils, également méprisés de ceux qui, depuis des siècles, se transmettaient jalousement de père en fils l'anneau d'or héréditaire.

Cette orgueilleuse modestie, qui s'étalait naïvement dans les œuvres de jeunesse, s'affirme avec une certaine aigreur dans les poèmes de l'exil :

Si cela a quelque valeur, jesuisdevieille noblesse équestre, 1. Amours, III, viii, v. 9-10.

héritier d'un rang qui me vient de mes ancêtres : ce n'est pas le tumulte des armes qui m'a fait chevalier ^... Modeste, il est vrai, ma maison est du moins sans tache. Bien que modeste, on peut la dire illustre, dès le temps de mes ancêtres : elle ne le cède à aucune autre en noblesse. Ce n'est ni la richesse, ni la pauvreté qui la rend remarquable : lé chevalier romain ne doit attirer l'attention sur lui, ni par sa richesse, ni par sa pauvreté. Que notre maison soit petite par la fortune ou par l'origine, certes mon génie la sauve de l'obscurité-... Si l'on fouille l'hisloire dema famille, on trouvera, dès la première origine, des chevaliers qui forment une innombrable série d'aïeux^.

Ce que dit Ovide de sa famille dont la noblesse provinciale, aussi obscure qu'ancienne, ne pouvait être arrachée à l'oubli que par le génie du poète, héritier de cette race de chevaliers, nous fait penser aux beaux vers d'Alfred de Vigny:

Si l'orgueil prend ton cœur quand le peuple me nomme,

Que de mes livres seuls te vienne ta fierté.

J'ai fait illustre un nom qu'on m'a transmis sans gloire.

Qu'il soit ancien, qu'importe? Il n'aura de mémoire

Que du jour seulement où mon front l'a porté...

C'est en vain que d'eux tous le sang m'a fait descendre,

Si j'écris leur histoire, ils descendront de moi...

Mais les champs de la Beauce avaient leurscœurs,leursâmes.

Leurs soins. Ils les peuplaient d'innombrables garçons,

De tilles qu'ils donnaient aux chevaliers pour femmes,

Dignes de suivreen tout l'exemple et les leçons...

Tous sont morts en laissant leur nom sans auréole.

Les ancêtres d'Ovide ont-ils voué leurs cœurs, leurs Ames, leurs soins aux champs fertiles et bien

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