Sénécjue le Rhéteur, Controv., IV, Prooem
morceaux d'histoire, que la forme de l'œuvre récitée fût celle du discours ou celle du dialogue ^
Horace aimait peu à lire ses œuvres en public ; la recitatio l'intimidait-; il ne consentait à dire ses vers que devant un auditoire d'amis — Ovide y était peut-être reçu — et quand on l'y contraignait ^. Il laissait les poètes avides de ces applaudissements si facilement prodigués, de ces témoignages enthousiastes d'une approbation factice^, louer une salle où ils entendaient les auditeurs s'exclamer : « Beau ! Très bien ! Parfait ! » — oii ils les voyaient se pâmer, verser des larmes comme les pleureurs de profession aux funérailles, bondir, trépigner, se livrer à toutes sortes de simagrées. Il laissait les poètes, trop pauvres pour pouvoir s'assurer une salle payée, déclamer en plein air, au Forum, ou dans les dépendances des bains publics o\x l'on voulait bien les accueillir gratuitement-*. 11 ne recherchait pas les suffrages d'un auditoire capricieux; il évitait de prendre parti dans les coteries littéraires, ce qui l'aurait forcé à écouter les vers de gens qui se réclamaient de lui, à les défendre contre les attaques d'une école ennemie, à courtiser les juges qui s'installaient au tribunal de la critique f'.
\. Suétone, Auguste, lxxxix.
2. Horace, Satires, T, iv, v. 23 : ... vulr/o recitare tbnentis.