Horace, Epîtres, 1. xix, v. 37 et suiv
LA JEC?^ESSE d'oVIDE 219
Horace, cependant, devait parfois déclamer ses vers à quelque séance intime, peut-être même les laisser dire au théâtre et recevoir, comme Virgile^, les acclamations respectueuses des spectateurs.
La haute situation de Virgile et d'Horace, favoris de Mécène et d'Auguste, appréciés par les lettrés, admirés de confiance par la foule, leur permettait de se soustraire à Tennuyeuse obligation des recitatio?ies publicae. Mais les débutants dans la carrière avaient tout intérêt à profiter de ce moyen que Pollion leur donnait de commencer à se faire connaître par un public plus nombreux que celui de leur sodaliciiim ou de leur convictus^ et d'attirer à eux les sutTrages d'un auditoire capricieux.
Avant d'être, à la fin de sa carrière, honoré par ses cadets, Ovide avait dii, dans sa jeunesse, commencer par honorer ses aînés-; il s'était affilié à quelqu'une de ces coteries de poètes dont se défiait l'indépendance d'Horace ; il avait prodigué à ses confrères tous les témoignages de la déférence la plus admirative, et il s'était ainsi assuré des protecteurs pour ses premiers essais de recitationes puhlicae.
Héritières indirectes et indignes de ce Collegium Poctanim^ qui avait été jadis établi dans le temple de Minerve du Mont-Aventin, sous la présidence de Livius Andronicus, le doyen des acteurs (histriones) et des poètes [scribae) contemporains de la deuxième Guerre Punique 3, les scholar poe/anon étaient deve-