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poetanim^^ dont Ovide était devenu le personnage important, respecte' par les confrères plus jeunes-, avait fait choix d'une autre divinité protectrice. Apollon, qui, en Grèce, inspirait et soutenait les poètes, était devenu le protecteur personnel de l'Empereur, qui aimait à se faire représenter avec le costume du dieu dont il laissait les flatteurs répéter qu'il était le fils^. C'est le dieu Bacchus que la société des poètes avait pris pour patron. Gomme les autres associations légalement autorisées [sodalitates quibus coire licebat)^ le chorus poetanim se réunissait, chaque année, pour célébrer des cérémonies sacrées; ces cérémonies se faisaient, en Thonneur de Bacchus, le 17 mars, date de la fête du dieu, les Liheratia^ deux jours avant les Grandes Quinquatries.
Le troisième jour après les ides de mars est rendu célèbre par Bacchus. Bacchus, sois favorable au poète ! C'est ta fête que je chante''.
Au milieu des tristesses de l'exil, Ovide se rappelle ce jour de fête, dit ses regrets de ne pouvoir prendre sa part des cérémonies que l'on célèbre en l'honneur du dieu, supplie Bacchus d'intercéder en sa faveur auprès d'Auguste et demande a ses confrères en poésie de conserver sa mémoire :
Voici le jour — si je ne me trompe de date — voici le jour,
1. Tristes, V, iir, v. 32 : ... noslri... chovi; — Pont.. III, iv. v. «iS ... teslru... choro.