Fastes, 111, v
ô Bacchus, où les poètes ont coutume de te rendre un culte. C'est jour de fête. Le front entouré de guirlandes parfumées, ils disent tes louanges en buvant le vin que tu as créé. Parmi eux, il m'en souvient, alors que ma destinée me le permettait, j'étais assidu et ma présence t'était agréable... En jetant les yeux sur les poètes réunis pour te fêter, tu peux dire : <' Ne manque-t-il pas un de mes fidèles? » 0 bienfaisant Bacchus, sois-moi secourable !... Otoi, le plusbeau desdieux, sois-moi propice, soulage ma misère, songe que je suis au nombre de tes fidèles ! Les dieux sont liés entre eux par un commerce perpétuel : que ta divinité, ô Bacchus, essaie de fléchir la divinité d'Auguste! Et vous, compagnons de mes travaux, réunion pieuse, que chacun de vous, après avoir bu le vin, fasse la même prière que moi! Que l'un de vous, ayant prononcé le nom d'Ovide, dépose sa coupe, mouillée de ses larmes, et, se souvenant de moi, dise, après avoir promené son regard sur toute l'assemblée : (( Où est Ovide, qui faisait naguère partie de notre chœur?» Si,parlaloyaulé de mon caractère, je me suis rendu digne de votre estime, si jamais critique injuste de raapartn'a porté atteinte à aucune œuvre littéraire, si, tout en rendant aux poèmes de nos anciens un juste hommage de respect, j'estime que les œuvres des jeunes en sont voisines par le mérite, je souhaite que vous puissiez composer vosvers avec la faveur d'Apollon, que vous puissiez — seul bonheur qui me soit permis — conserver parmi vous le souvenir de mon nom M
Relégué sous la constellation de la Petite-Ourse, dans la Sarmatie, voisine des Gètes féroces 2, le vieux poète cherche toutes les occasions de rappe- 1(M' ([u'il a fait partie du Collège. Quand il envoieà Rome les vers composés en Thonncur du triomphe décerné à Tibère, Tan 13 de 1 ère chrétienne, il écrit à un ami:
Poètes, nous sommes unis par la communauté des céré-