‹ La jeunesse d'OvideChapitre 135 sur 203 · Tristes, V, m, v · texte numérisé non relu

Tristes, V, m, v

monies sacrées, si toutefois dans votre cœur il y a place pour les malheureux. Amis, vous êtes la plus grande partie dema vie: nous avons longtemps vécu ensemble. Loin de vous, je ne cesse pas d'être fidèle à votre association. Qu'ils soient donc recommandés à votre faveur ces vers pour lesquels je ne peux plaider moi-même ^

L'association des poètes a été pour Ovide ce que le Musée était pour les érudits et les lettrés d'Alexandrie ; elle a remplacé pour lui la maison paternelle, elle a été sa vraie patrie ; admis parmi les poètes dès sa première jeunesse, comme novice — comme stagiaire, dirait-on aujourd'hui — c'est dans le cénacle qu'il a parcouru le seul cursus honorum qui tentât son ambition. Loin de s'en tenir aux macjistralus minores^ il s'était progressivement, à la suite du succès de chacun de ses ouvrages, élevé jusqu'aux plus hautes dignités du colleghim; au moment de l'exil, il était lemaître du chœur, le prince de ce sénat littéraire. Trente ans auparavant, c'est sous ses auspices qu'il avait débuté aux reciiationes publicae.

Les hommages que j'ai offerts à mes aînés, mes cadets me les ont rendus; ma muse, Thalie, n'a pas tardé à se faire connaître. Quand je lus pour la première fois, en public, mes poèmes de jeunesse, ma barbe n'avait encore été rasée qu'une fois ou deux. Mon génie poétitjue avait étéévcillé par une femme que, grâce à moi, Hume entière a célébrée, une femme que j'ai chantée sous le nom de Corinne, qui n'était pas le sien^.

Ce passage des Tristes est très important pour

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