‹ La jeunesse d'OvideChapitre 141 sur 203 · Dialogue des Oratews, xii · texte numérisé non relu

Dialogue des Oratews, xii

3. J. Quicherat, Bibliothèque de VEcole des Chartes, Paris, 1839,

?. 52 ; — O. Ribbeck, Tragicorum Latiuorum Heliquiae, Leipzig, 852, p. 347; TraQiconnnRomanorum Fragmenta, i^'èl, p. 26:1.

LA JL:UNESSE D OVIDE 229

Les Tristes ne nous fournissent aucun renseignement sur la Médée. Mais plusieurs passages des Amours prouvent que, dans sa jeunesse, Ovide a composé, ou tout au moins commencé, une ou plusieurs tragédies. L'amie du poète prétendait lui interdire tout autre poème que des chants d'amour:

Cependant — dit-il — j'ai pris le sceptre; à force de soins, notre tragédie a grandi ' ; J'avais de grandes aptitudes pour ce genre de poème. Mais le dieu Amour s'est mis à rire à la vue de mon long manteau, de mes cothurnes peints, du sceptre si vile pris par ma main de simple poète. La divinité d'une jalouse maîtresse m'a, elle aussi, détourné de mon œuvre, et l'Amour triomphe du poète qui avait chaussé les cothurnes tragiques'^.

Ailleurs, Ovide se met en scène dans le décor d'une antique foret, sanctuaire de la divinité, entre la Muse de l'Elégie erotique et la Muse de la Tragédie. Comme jadis la Volupté et la Vertu se disputaient Hercule, chacune des deux Muses veut que le poète se consacre au genre de poésie qu'elle protège. H prie la Tragédie de lui laisser terminer ses chansons d'amour.

« Muse de la Tragédie, accorde quelque délai à ton poète. Ton (l'uvre est éternelle : ce que me demande la Muse de l'Élégie ne me coûtera que peu de temps. » La Tragédie émue condescendit à ma requête. Que mes tendres Amours soient hdtés, tant que j'ai le loisir de les composer! Derrière moi une œuvre plus grande me presse 3.

Après avoir terminé ses poèmes de jeunesse,

• 1. Trar/oedia nostra crevil peut signifier «j'avanrai ma tragédie », ou « la tragédie romaine a fait des progrès ».

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