Tristes, II, v
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C'étaient, sans doute, les élégies des Amours ou les Héroïdes que Ton déclamait sur la scène, pendant que les danseurs exprimaient par un ballet, accompagné de musique, les situations dont le poème fournissait le livret. La tragédie romaine avait été peu à peu chassée du théâtre par les progrès incessants de la danse, de la partie musicale, des décors, de la mise en scène et de la figuration, qui transformaient le drame primitif en une sorte de pièce à grand spectacle ou de ballet d'action. En Tan 699-55, Gicéron se plaignait déjà des défilés interminables de figurants qu'on avait introduits dans la Clytemnestre d'Accius et dans Le Cheval de Troie de Naevius^ En 741-13, V Épure d'Horace à Auguste constatait que tout, dans une pièce de théâtre, était sacrifié au plaisir des yeux, que les poètes dramatiques renonçaient à faire représenter une tragédie devant un public aussi attentif que pourrait l'être un âne sourd-.
Le Thi/esie de Varius avait été joué en 725-29; quand (3vide avait vingt-cinq ans, en 736-18, sa Médêe n'aurait pu se produire au théâtre. Une tragédie est une pièce trop longue pour pouvoir être déclamée dMxrecitationes piihlicae ; le jeune poète, avide d'une gloire rapide et populaire, ne pouvait se contenter des suffrages restreints d'un cercle de confrères et de lettrés amateurs. Il renonça donc à la tragédie ; il transforma ses vers iambiques en élégiaques, et réduisit sa pièce de théâtre aux dimen-