‹ La jeunesse d'OvideChapitre 144 sur 203 · Epîtres, II, i, v. 1S2-2U · texte numérisé non relu

Epîtres, II, i, v. 1S2-2U

sions d'une Héroïdc de 106 distiques dont Tun rappelle le vers de tragédie cité par Quintilien et indique quel devait en être le contexte :

Pouvoir me perdre, c'est assez pour qui se plaît à posséder une telle puissance. Mais, sauvé par toi, je serai pour toi une gloire plus grande ^

Médée, tragédie d'Ovide, n'a pas été représentée; Médée, héroïde, a pu servir de livret à une sorte d'opéra-ballet, déclamé sur le théâtre avec accompagnement de musique et de danse.

Nageottese fonde sur une comparaison peu exacte entre l'état de la littérature au temps d'Auguste et au xviii^ siècle français, pour admettre que la tragédie d'Ovide fut son œuvre de début :

En France, au xyiii*^ siècle, où il y eut tant de littérature et si peu de poésie, on débutait généralement dans le monde par une tragédie. C'était une manière de redoubler sa rhétorique... Il semble qu'il en fut à peu près de même chez les Romains, au temps d'Auguste, et qu'on n'eût osé se donner pour lettré, si l'on n'avait pas immolé un héros ou deux sur la scène tragique 2. ,

C'est justement parce que la tragédie n'était plus à la mode après 725-29 qu'Ovide, ébloui par le succès du Thijeste^ a dû, dans son inexpérience d'adolescent, encore étranger aux cercles littéraires, supposer qu'une pièce tragique le classerait d'emblée parmi les poètes célèbres. Il n'a pu composer

1. Iléroïdes, XII, v. To-IQ. — Pour l'hypothèse de la réduction de la tragédie en héroïde, voir J. Tolkiehn, QuaesHonum ad Heroides Ovidianas spectantium Capifa Vil, Leipzig, 1888, p. 107.

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