I. i'tnil., IV, XVI, V
■1. Amours, II. I, V. 11-17.
d'écrire était donc une GigantomacJiie. On sait que la lutte des dieux de l'Olympe et des Géants avait été chantée en Grèce par de nombreux poètes, dont les œuvres ne nous ont pas été conservées, et que les principaux épisodes de cette guerre fantastique avaient été reproduits dans les monuments de l'art hellénique^. Mais, à Rome, il faut descendre jusqu'à Tun des derniers poètes de la décadence, Glaudien, pour trouver un poème sur la Gigantomachie : dans la longue liste des poètes épiques du siècle d'Auguste, il n'en est pas mentionné un seul qui se soit occupé de la guerre des Dieux et des Géants.
Peu de temps après la victoire d'Actium, en 724-30 ou en 725-29, Horace donnait, dans une de ses Odes-^ le plan^ d'une Gigantomachie : il y faisait le tableau grandiose de la victoire de Jupiter et des dieux sur les forces de la nature, du triomphe de l'esprit sur la matière. C'était, évidemment, une flatteuse allusion à la bataille d'Actium, où les monstres d'Egypte furent domptés par la sagesse romaine; mais le poète avait le tact de se borner à une simple allusion. Depuis que l'Orient avait été vaincu par Alexandre et que les pratiques de l'apothéose orientale avaient envahi le monde hellénique, la Gigantomachie avait pris un caractère politique. Ptolémée Philadelphe, vainqueur des Galates dans les plaines voisines du Nil, était divi-
1. Voir F. Roepp, De Gigan/omachiae iii poeseos a7'fis(/ue mo/iuinentts util, Bonn, 1S83. — Toutes les indications sur la guerre des Dieux et des Géants et toutes les conjectures sur Têpopée dOvide, données ici, sont développées et complétées dans mon travail, La Giqanlomachie d'Ovir/e {Revue de Philologie, livraison d'avril 1904).