‹ La jeunesse d'OvideChapitre 159 sur 203 · Properce, II, i, v · texte numérisé non relu

Properce, II, i, v

(leste ambition se borne à chanter un moucheron — explique qu'il ne va pas raconter la lutte de Jupiter et de Rhoetus et montrer la plaine de Phlégra inondée du sang des Géants ^ Les poèmes de Virgile ne font que de simples allusions à la Gigantoinachie'^ : il n'y est pas question d'Auguste. Quand il s'agit de l'apothéose de l'Empereur, l'auteur de V Enéide est aussi discret qu'Horace : c'est un titre honorifique assez banal que le Tityre des Églogiies donne à Octave en le qualifiant de deifs'K Si, dans les Géorgiques'\ on voit le brûlant Scorpion ramener ses bras et laisser à Auguste, divinisé et devenu un astre nouveau, un espace plus vaste que celui qui est accordé aux autres constellations, ce calastérisme est une simple apothéose poétique du môme ordre que celle d'Horace, qui fait asseoir l'Empereur au banquet des dieux. C'est après sa mort qu'Auguste deviendra un dieu ou un astre ; tant qu'il est vivant, la poésie se garde de l'assimiler au souverain des Olympiens et de faire de lui l'égal de Jupiter vainqueur des Géants.

Aucun poète du siècle d'Auguste n'a osé prendre le redoutable sujet de la Gigantoniachic pour matière d'un poème épique. Dans son BellumSicvliim, oii il racontait la lutte entre les flottes de Sextus Pompée et d'Octave, Cornélius Severus n'avait pas craint, dit Sénôque, de faire, après Ovide, une description de l'Etna, et cette description était fort

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