‹ La jeunesse d'OvideChapitre 16 sur 203 · Amours, II, xvi, v. Il : At meus ifjnis abest · texte numérisé non relu

Amours, II, xvi, v. Il : At meus ifjnis abest

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tion! Que m'importe que la brise fraîche caresse la chevelure des arbres! Je ne crois point habiter le pays salubre des Péligniens; ce n'est plus le lieu de ma naissance, ce ne sont plus les campagnes paternelles : je me crois plutôt en Scythie, ou chez les féroces Ciliciens, ou chez les Bretons qui se peignent le visage en vert, ou auprès des rochers rougis du sang de Prométhée^

Sans Corinne, le charme de la campagne n'est rien, alors même que c'est la campagne natale. Avec Corinne, les glaces des Alpes et les déserts brûlants de la Libye seraient un pays plus agréable que le riant séjour héréditaire où les ancêtres ont vécu, où le poète a passé les années de son enfance. L'auteur des Deux Pigeons dira :

J'ai quelquefois aimé; je n'aurais pas alors

Contre le Louvre et ses trésors, Contre le firmament et sa voûte céleste,

Changé les bois, changé les lieux Honorés par les pas, éclairés par les yeux

De l'aimable et jeune bergère

Pour qui, sous le fils de Cythère, Je servis, engagé par mes premiers serments'-.

Comme La Fontaine, Ovide n'aime que les pays, quels qu'ils soient, qui sont honorés par les pas, éclairés par les yeux de celle qu'il chante sous le nom de Corinne. Si Corinne refuse de le suivre à Sulmone, Sulmone devient pour lui un désert fécond en ennui, comme le sera LOrient pour TAntiochus de Racine, séparé de sa Bérénice.

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