‹ La jeunesse d'OvideChapitre 17 sur 203 · l'onlalne, Fables^ IX n · texte numérisé non relu

l'onlalne, Fables^ IX n

LA JEUNESSE d'oVIDE 3S

Et cette indifférence méprisante pour la campagne paternelle n'est pas une simple boutade d'amoureux. L'élégie à Corinne faisait une sorte d'allusion prophétique h la Scythie et au Caucase : bien des années après la composition des Amoifrs^ relégué à Tomes, au bord de ce Pont-Euxin qui baigne les cotes de la Scythie et la plaine du Caucase, Ovide parlera avec la même sécheresse du pays pélignien d'oii sa race est originaire, et de Sulmone, berceau de sa famille.

Voici déjà le quatrième automne qu'il se consume dans le véritable enfer où il est jeté^ Il confie à son ami Cornélius Severus, le poète épique, les regrets qui Tangoissent. Ce qui lui manque le plus — il comprend que l'aveu étonnera son ami, mais sa franchise est complète — ce sont les agréments de la vie à Rome :

Tu ne croirais pas que ton Ovide regrette les avantages de la société mondaine : c'est cependant ce qu'il regrette^.

Son àme s'envole vers les endroits familiers de Rome : il a devant les yeux les palais, les théâtres, le Forum, les portiques, toutes les promenades fréquentées par les littérateurs en vogue et par les gens du monde. Il revoit les gazons du Champ de Mars, les étangs de l'Euripe et la fontaine de la Vierge^ comme; M™" de Staël exilée revoyait son

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