Enéide, VI, v. 84î): Orabunt causas meliits
-.). Voir p. 183.
donnait le moyen de traiter d'une manière originale.
Certains aveux qui se trouvent dans d'autres recueils que les Amoi/rs donnent lieu de penser que ce n'est pas un caprice de femme, mais un ordre de TEmpereur, qui a fait interrompre la Gigaiitomachie commencée dès le retour de Sicile. Une des pièces suppliantes qu'Ovide, relégué à Tomes, adressait à Auguste pour essayer de le iléchir conjure l'Empereur de jeter les yeux sur les éloges de la famille impériale qui sont, dans les Métamorphoses^ une preuve de la fidèle loyauté du poète :
Examine mon ouvrage le plus important, cet ouvrage que j'ai laissé encore inachevé, où l'on voit les incroyables métamorphoses des êtres. Là tu trouveras des panégyriques du nom des Césars, des gages nombreux de mon dévouement^. Les poèmes ne sauraient grandir ta gloire; elle est parvenue à un degré où elle ne peut plus s'accroître. Elle aussi, la renommée de Jupiter est au-dessus de tout; et, cependant, il se plaît à entendre rapporter ses exploits, a se voir le sujet d'une épopée. Et, lorsqu'on célèbre les combats de la guerre des Géants, il est à croire qu'il se réjouit des louanges qui lui sont données. D'autres te chantent avec le ton qui convient; d'autres, avec une inspiration plus féconde que la mienne, disent ta gloire 2.
Plus loin, dans la môme élégie, Ovide dit combien il se repent des œuvres légères qui ont été la cause de son exil, combien il regrette de ne
1. Allusion à rapothéose de l'Empereur {Met., XV, v. 850-860). Le ton de ce développement, qui place Auguste encore vivant à côté de Jupiter et de César, ne dépasse pas les formes de flatterie dont la poésie des Odes ou des Géorgiques se servait pour célébrer le maître du monde.