‹ La jeunesse d'OvideChapitre 164 sur 203 · Tristes, I, i, v · texte numérisé non relu

Tristes, I, i, v

:{. Tristes, I, v, v. 17-78.

pas légères, les blessures de celui qui a été foudroyé par Jupiter ^ On l'abandonne dans son malheur: c'est tout naturel, car on s'éloigne d'une maison frappée par la foudre '^. S'il se trouve un ami courageux qui lui prête son aide, ce sont de chaleureux remerciements à celui qui ne craint pas d'ouvrir un port fidèle oîi puisse se réfugier la barque frappée par la foudre -^ Quand le poète adresse ses supplications à l'Empereur, il ne s'exprime pas autrement que ne ferait un Géant foudroyé et repentant, qui implorerait la clémence de Jupiter, maître du tonnerre :

Grâce, je t'en conjure ; dépose ta foudre et tes traits. Ces traits de foudre, hélas! malheureux que je suis, je ne les connais que trop!... Pitié, je t'en conjure, épargne-moi quelques traits de ta foudre '•.

En faisant sans cesse de l'Empereur le Jupiter qui lance la foudre, l'auteur des Tristes et des Pontiques ne réussit pas mieux à désarmer la colère d'Auguste qu'il n'avait réussi à conquérir sa faveur en le choisissant pour héros d'une Gigantomachie. Toutes ces identifications avec le dieu du tonnerre, qui se trouvent presque 5 chaque page des poèmes de l'exil, permettent de conjecturer ce qu'avaient dû être les parties achevées de cette épopée de jeunesse, déclamées sans doute dans les lectures

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