‹ La jeunesse d'OvideChapitre 181 sur 203 · Proporco. III. i 'IV. i. rrj. M.\ v · texte numérisé non relu

Proporco. III. i 'IV. i. rrj. M.\ v

amoureuse. Horace s'attribue de même la gloire d'avoir su le premier adapter les chants d'Eolie au lyrisme latine Lucrèce prétendait parcourir un des domaines des Muses où il n'y a pas de routes frayées, un domaine qui n'avait été foulé par aucun pied avant le sien^; et Virgile, après Lucrèce, affirme être le premier à Rome qui ait initié ses compatriotes à la poésie didactique d'Hésiode, le vieillard d'Ascra'^. C'est un trait particulier de la vanité des poètes latins : habiles imitateurs des Grecs plutôt qu'inventeurs originaux, chacun se vante d'avoir, sinon créé, du moins importé à Rome le genre poétique oi^i il a la persuasion d'avoir excellé.

Parmi les élégiaques latins dont les œuvres nous ont été conservées, aucun avant Properce ne se réclame de Philétas, qui doit cependant avoir inspiré Catulle et TibuUe. Properce raconte — à la manière de Cailimaque — un songe oii il se voit auprès de la source d'Hélicon; la Muse Calliope lui apparaît; elle lui annonce qu'elle le destine aux chants d'amour; et, ayant puisé à la source, elle lui arrose la tête de cette eau où s'est abreuvé Philétas^. Ce baptême mystique fait passer l'inspiration de Philétas dans l'âme du poète latin qui se consacrera aux élégies erotiques : sollicité par Mécène d'aborder la grande poésie épique, il répondra qu'il suffit à sa gloire d'écrire des vers qui soient appréciés à côté de ceux de Cailimaque et de chanter

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