‹ La jeunesse d'OvideChapitre 189 sur 203 · Catulle, Cannen XiJVI · texte numérisé non relu

Catulle, Cannen XiJVI

Si pourtant il reste de nous autre chose qu'un nom et une ombre, ïibuUe habitera dans les vallons de PElysée. Tu viendras à sa rencontre, ton jeune front couronné de lierre, ô docte Catulle, accompagné de ton ami Calvus. Et toi aussi, Gallus, si c'est à tort que l'on t'accuse d'avoir offensé ton ami, tu viendras, ô Gallus, toi qui a été prodigue de ton sang et de ta vie. Voilà les ombres dont l'âme de Tibulle sera la compagne, si l'ombre est quelque chose. Car, ô élégant Tibulle, tu as uni tes chants à ceux de ces poètes. Ossements de mon ami, je prie les dieux que vous reposiez en paix et en sûreté dans l'urne; que la terrre soit légère à ta cendre ^ !

Dans ses pièces de jeunesse où il affirme son ambition d'illustrer la race des Péligniens d'où il est sorti, comme Catulle illustre Vérone, sa ville natale-, Ovide célèbre, parmi les élégiaques dont les œuvres passeront à la postérité, Tibulle, Gallus, l'amant de Lycoris, Properce, l'amant de Cynthia; c'est l'immortalité de ces poètes qu'il espère partager :

Tant que l'arc et les feux seront les armes du dieu de l'amour, on apprendra tes chants, ô élégant Tibulle. Gallus sera connu des peuples de l'Occident ; Gallus sera connu des peuples de l'Orient, et, en même temps que Gallus, on connaîtra sa Lycoris 3.

Vous pourrez lire aussi les élégies du tendre Properce, ou celles de Gallus, ou les tiennes, mon cher Tibulle... Peut-être mon nom sera-t-il uni à ces grands noms; peutêtre mes poèmes ne seront-ils pas plongés dans les eaux du Léthé^

Qui a pu lire sans danger les vers de Tibulle, ou les tiens

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