CHAPITRE I
Laut(ihiof,'Taphie d'Ovide. — Les premières inlkiences. — Date de la naissance du poète. — Une «année terrible» de Thistoire romaine. — La fête des Quinquatries. — La patrie d'Ovide, Sulmone. — Caractère belliqueux des Péligniens.— Antiquité de la famille d'Ovide dans l'ordre équestre. — Inditlerence du poète [>our son pays natal.
Toute la biographie d'Ovide est dans ses œuvres. Assurément, ce n'est pas dans ses poèmes purement mythologiques et alexandrins que l'auteur des Héroïdes et des Métamorphoses peut s'abandonner à des confidences personnelles. Mais, dans le poème didactique des Fastes, on ilrédige envers élégiaques le commentaire historique du calendrier romain, Ovide trouve moyen de parler de lui, h propos de telle fête à laquelle il a pris part, de telle autre qui lui rappelle un souvenir de jeunesse. Dans ses poésies de début, les Amours et VArt (F aimer, aussi indiscret que Vulteius Mena, ce personnage d'Horace qui racontait à tort et à travers ce que Ton peut dire et ce qu'il faut taire, Ovide donne sur ses
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années de jeunesse de nombreuses indications dont l'exactitude précise et la convenance morale sont également sujettes à caution. Plus tard, quand, aux jours de faveur mondaine et de gloire littéraire, ont succédé les temps difficiles de la relégation et de Toubli aux bords du Pont-Euxin, l'exilé de Tomes se rappelle à ses amis de Rome par d'abondantes lettres en vers où, aux plaintes ordinaires des exilés — ces plaintes qui se trouvaient déjà dans la correspondance de Cicéron cbassé d'Italie par Clodius — se mêlent des renseignements biographiques qui nous font connaître l'enfance, l'éducation et la jeunesse du poète, aussi bien que le Brutus nousinstruit des années d'études et des débuts de l'orateur. Ovide éprouve un douloureux plaisir à raconter sa vie passée, dont les Tristes et les Politiques évoquent tout le bonheur à jamais détruit. Les détails sont quelquefois précis et copieux : la dixième Elégie du livre IV des Tristes est aussi documentaire que les diverses Satires où Horace se plaisait à faire l'histoire de son existence heureuse et calme. Ovide nous fournit lui-même les moyens d'étudier quelles influences premières se sont exercées sur ses jeunes années et ont dirigé l'évolution de son développement intellectuel jusqu'au moment où il a commencé à se mêler aux batailles littéraires dont il devait être bientôt l'un des héros incontestés.
Si tu veux savoir la date de ma naissance, — écrit le poète des Tristes*, — c'est Tannée où les deux consuls périrent frappés par la même destinée.