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LA JeLNESSE d'oVIDE 45
renls m'ont donné, la première leçon où mes yeux se sont attardés sur une lettre M
Celte première leçon Jïil probablement donnée à la maison par la mère elle-même; dans la vieille demeure des chevaliers de Sulmone se perpétuaient les traditions anciennes que les familles romaines, au temps de Tacite, avaient laissé tomber en désuétude:
Jadis, l'enfant né d'une chaste mère n'était pas relégué dans le réduit d'une esclave achetée ; il était élevé sur les genoux, dans le giron de la mère qui faisait sa principale gloire de hien régler sa maison et de se dévouer à ses enfants... C'est ainsi, nous le savons, que Gornélie, mère des Gracques, Aurélia, mère de César, Attia, mère d'Auguste, présidèrent à l'éducation de leurs enfants et firent d'eux les premiers de leur génération^.
Sous l'Empire, les familles des chevaliers de province n'avaient pas renoncé à cette éducation maternelle dont Tacite regrette l'abandon à Rome. Le même Tacite nous dit de son beau-père, Cn. Julius Agricola, néenFan 40 après Jésus-Christ, d'une vieille famille équestre de Fréjus, en FVovence : « Sa mère était Julia Procilla, femme d'une rare chasteté ; elle l'éleva dans son giron avec une indulgence toute maternelle-'. » A plus forte raison, })eut-on conjecturer avec toute vraisemblance que, quatre-vingts ans avant Agricola, le fils des chevaliers de Sulmone fut élevé comme devait Tétre