‹ La jeunesse d'OvideChapitre 28 sur 203 · Tristes, II, v, 343: ... ?ne docuere parentes · texte numérisé non relu

Tristes, II, v, 343: ... ?ne docuere parentes

pour donner à Ovide, et probablement à son frère aîné, les premiers éléments d'instruction, la pritna litteratwa'', c'est-à-dire la lecture, l'écriture et le calcul. On enseignait l'écriture à l'enfant en lui tenant la main pour lui faire tracer ses lettres'-. Quant à l'arithmétique, une scène vivement tracée par Horace nous montre comment se donnait la leçon :

Lesenfants romains apprennentà diviser, àla suite de longs calculs, 1 as [qui vaut 12 onces] en 100 parties. Que le fils d'Albinus réponde : Si de 5 onces vous en ôtez 1, que restet-il?... Vous auriez déjàpule dire! — Un tiers d'as [ou 4 onces]. — Bien! Tu pourras sauvegarder tes intérêts... A 5 onces j'en ajoute 1 :que dois-je avoir? — Une de'mi-livre [ou 6 onces]^.

C'est vers douze ans que commence l'instruction sérieuse. Muni des connaissances élémentaires, l'enfant est envoyé à l'école du grammaticiis . Horace avait douze ans quand son père le conduisit au grammairien Orbilius. C'est à douze ans que Perse, qui devait se faire connaître par ses Satires^ quitta sa ville natale, Volaterres, pour aller fréquenter h Home l'école du grammairien Remmius Palaemo. Néron avait onze ans quand il fut conlié à Sénèque '-. Par un anachronisme curieux, qui a peut-être pour origine la réminiscence inconsciente d'une date notable de sa vie d'écolier, Ovide montre la mère d'un des héros mythologiques des Métamorphoses se conformant à l'usage établi à la

1. Sénèquu, Leilvcs à Lucilius, Lxxxvni, 20 : Prima illa, ut an- Hqui rocabaîil, liUerafnra pet' quam piieris elemenln tradunlur. 1. Sénèque, Lel/res, xciv, 51.

:'.. Ilonace, Art poél'upie, v. 32")-330. i. Suétone, yéroii,\u.

fin de la République et au commencoment de l'Empire :

La sœur de Dédale lui avait confié Téducation de son iils ; le douzième anniversaire de l'enfant était révolu et son esprit était capable de recevoir des leçons ^.

Nous ignorons si, vers Tan 31 avant Jésus-Christ, il y avait à Sulmone une école de grammaire. Soixante ans auparavant, il n'y en avait pas à Arpinum, puisque Gicéron et son frère furent envoyés à Rome. Mais, en l'an 58, Crémone possédait une école que Virgile fréquenta; et, en l'an 53, un certain Flavius était établi grammairien à Vénusie. Les enfants se rendaient à son école, portant suspendus au bras gauche les tablettes à écrire et le coffret qui contenait leurs ustensiles scolaires. Tous les mois, le jour des ides, Flavius recevait de chacun de ses écoliers une rétribution de huit as d'airain. Vénusie était une colonie militaire où des lots de terrain avaient été assignés à de nombreux vétérans : les fils illustres des illustres centurions retraités, qui composaient l'aristocratie locale, ne dédaignaient pas de suivre la classe du grammairien. Cependant le père d'Horace ne la trouva pas assez bonne pour son fils, et il le conduisit à Rome 2.

A la fin de la République, les jeunes provinciaux allaient faire à Rome leurs études de grammaire ou, tout au moins, de rhétorique. Nous ne connaissons guère que Virgile qui ait étudié la rhéto-

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