‹ La jeunesse d'OvideChapitre 29 sur 203 · Horace, Sa/., I, vi, v. 73 et suiv · texte numérisé non relu

Horace, Sa/., I, vi, v. 73 et suiv

LA JEUNESSE D OVIDE o3

ri que on province : il suivit les leçons des rhéteurs (le Milan 1. Sous l'Empire, certaines grandes villes d'Italie et de Gaule devinrent des centres universitaires dont les écoles faisaient concurrence à celles de Rome, Vers le milieu du i"* siècle, Agricola peut faire toutes ses études à Marseille ~. Et bientôt les petites villes éprouvèrent d'ellesmêmes, ou se laissèrent inspirer par des amis influents, le désir ambitieux de posséder leur école de rhétorique. Pline le Jeune, qui ne déteste pas de se mettre en scène, nous raconte une visite qu'il lit à Gôme, sa ville d'origine, sous le principat de Trajan. Le jeune fils d'un de ses compatriotes vient le saluer. « Tu fais tes études? — Oui. — Où donc ? — A Milan. — Pourquoi ne les fais-tu pas ici? » Le père de l'étudiant intervient. « C'est, dit-il, parce qu'ici nous n'avons pas de maîtres. — Vous devriez en avoir », s'écrie Pline, qui saisit avec empressement l'occasion de faire aux pères (Je famille de C(jme, réunis autour de lui, une conférence sur la nécessité d'établir une école de rhétorique dans le municipe. — On croirait entendre un candidatàla députation qui « développe son programme » et qui place au nombre des « revendications de l'arrondissement » la création d'un lycée. — Mais Pline est assez riche et assez désintéressé pour promettre autre chose

1. Virgile ne devait pas non plus aller chercher à Athènes, comme le firent Horace et Ovide, le conipléujent de ses éludes ulassi(jues; il se contenta d'étudier à Naples, qui était la ville la plus littéraire de la Grande-Grèce.

"2. Tacite, Agricola, iv: ... sedem ac inagislram studioruni Massilifon.

que le concours de l'Etat. « Dans cette école, je sauvegarde toutes les libertés des pères de famille ; à eux de juger, de choisir les maîtres: je ne me réserve que le soin de faire tous les fraisa » Le zèle deramideTrajanest aussi louable qu'inconsidéré. L'établissement d'une école de rhétorique à Côme, séparée des grandes écoles de Milan pas une faible distance de 40 kilomètres, était aussi inutile que peut Fetre aujourd'hui l'existence de collèges communaux de plein exercice, proches voisins des grands lycées des villes de Facultés.

En l'an 32 ou 31 avant Jésus-Christ, aucun citoyen important de Sulmone ne songeait à doter sa ville natale d'une école de rhétorique; si le municipe possédait une école de grammaire, le père d'Ovide ne voulut pas plus y envoyer ses enfants que le père d'Horace n'avait consenti à faire de son fils l'élève de Flavius, le grammairien de Vénusie.

Ovide et son frère aîné partent donc pour Rome, comme avaient fait avant eux Horace, conduit par son père, et Properce, accompagné de sa mère. Gicéron et son frère Quintus avaient été envoyés a Rome, confiés aux soins d'un oncle maternel qui y résidait ; et le père, M. Tullius Gicero, était resté dans cette campagne d'Arpinum que les ancêtres, depuis les origines de la gem Tuliia, n'avaient jamais quittée. Les aïeux d'Ovide menaient à Sulmone, depuis des générations, la même vie rurale

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