IMine le Jeune, Lettres, IV, xiii
que ceux de Gicéron à Arpinum. Il est probable que le père d'Ovide ne rompit pas avec ces traditions héréditaires. Gicéron nous apprend que son père fut retenu toute sa vie par sa mauvaise santé dans sa maison de campagne, où il s'abandonnait à des délassements littéraires ^ Malgré l'exemple de Fontenelle, que sa santé déplorable n'empêcha pas de vivre près d'un siècle, et celui de Voltaire, que ses diverses maladies ne firent mourir qu'aux environs de la quatre-vingtième année, il est peu admissible que ce soit une incurable faiblesse de constitution qui ait retenu le père d'Ovide dans la riante campagne deSulmone où il devait s'éteindre âgé de plus de quatre-vingt-dix ans. Mais nous savons par son fils que la famille devait vivre au pays pélignien dans la plus stricte économie ~. Une installation à Rome eût été fort coûteuse. Elle était certainement dangereuse en 31, à ce moment de troubles civils où les propriétaires ruraux devaient rester chez eux, occupés à surveiller de près leurs intérêts.
En effet, depuis la naissance d'Ovide, Tannée de la bataille de Modène, les événements politiques s'étaient précipités, et les discordes intérieures n'avaient cessé de déchirer la République. En octobre 43, à la suite des conférences de Rologne, un rapprochement s'était fait entre Octave, Antoine et Lépide. Investis pareux-mômes du pouvoir con-