Gicéron, Brufus, lxxxvih et suiv
LA JEUNESSE D OVTDE 69
l'instruclion de la jeunesse. Auhi-Gelle nous donne le texte de l'édit porté parles censeurs de l'an 92:
Il nous a été rapporté que certains hommes ont institué un nouveau genre de discipline et que la Jeunesse se rend dans leurs écoles; ces maîtres se sont donné le nom de rhéteurs latins. Les tout jeunes gens passent auprèsd'euxdes journées entières dans l'oisiveté. Nos ancêtres ont établi ce qu'ils voulaient voir enseigner à leurs enfants, quelles écoles ils voulaient leur faire fréquenter. Ces innovations qui vont contre les mœurs et les coutumes des anciens nous déplaisent et nous paraissent mauvaises. C'est pourquoi il nous a paru bon de faire connaître notre sentence à ceux qui tiennent ces écoles et à ceux qui ont accoutumé d'y fréquenter : cette nouveauté ne nous plaît pas^
Dans le De Oratovp, Cicéron fait expliquer par Crassus lui-même les causes de son édit :
Ces rhéteurs latins, Je les avais supprimés par mon édit, quand J'étais censeur, non que Je voulusse, comme Je ne sais quels accusateurs disaient que Je l'avais prétendu, empêcher les Jeunes gens d'aiguiser leur esprit. Au contraire. Je voulais empêcher l'esprit de s'alourdir et l'impudence de se fortifier. Car, chez les Grecs, quels qu'ils fussent, Je remarquais, outre cet exercice qui rend la parole facile, un certain ensemble de doctrines et une science digne de la culture d'un honnête homme. Quant à ces nouveaux maîtres, Je me rendais compte qu'ils ne pouvaient rien enseigner que l'audace : Taudace se Joint utilement à de bonnes qualités; mais, isolée, elle doit être grandement évitée. Comme c'était la seule chose qu'ils enseignassent, comme leur école était une écohî d'im|)udence, J'ai pensé qu'il appartenait au censeur de l>ouiv<)ir à ce que ce fléau ne fit pas de progrès 2,