‹ La jeunesse d'OvideChapitre 49 sur 203 · La, Fontaine, FahLest, V. vu. Le Snfijrc et le Pas'irnif · texte numérisé non relu

La, Fontaine, FahLest, V. vu. Le Snfijrc et le Pas'irnif

sera toujours supérieure à ces thèmes baroques d'école, dont il fallait se tirer à force d'arguments subtils, de pensées raffinées, de mots à effet. Les exercices de la classe de déclamation ne devaient être, dans la pensée des rhéteurs, qu'une gymnastique préparatoire : malheureusement, cette gymnastique dégénérait en acrobatie inutile et périlleuse. Le trapèze volant estropie quelquefois les gymnastes; l'abus des controver$iae fictives peut irrémédiablement fausser l'esprit des jeunes déclamateurs.

A la fin du premier siècle de l'ère chrétienne, cette instruction oratoire, qui abuse des controversiae, est violemment attaquée par les partisans des anciennes théories, par les disciples attardés de l'école de Cicéron. Le chef de la réaction virgiliennc et cicéronienne contre les tendances nouvelles de l'école de déclamation, qui avait produit Lucain, auteur des deux discours pour et contre Octavius Sagitta et surtout poète du De Bello Civili, le spirituel et dur Pétrone fait, dans son Satiricon^ le procès de l'enseignement des rhéteurs. Il faut le noter : l'habile ironiste se garde bien de soutenir une thèse en son propre nom. Quand il fait réciter la parodie du commencement du De Bello Civili de Lucain, l'auteur de cette parodie est Eumolpe, un vieux maniaque, raté prétentieux et haineux, bohème •misérable et mendiant. C'est Encolpe, un affranchi d'un esprit très aiguisé, mais de mœurs très mauvaises, qui prononce cette véhémente tirade contre la déclamation et les déclamatcurs :

N'est-ce pas une vraie furie qui enlève tout repos aux dé-

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clamateuis, quand ils s'écrient : «Ces blessures, je les ai reçues pour la liberté publique! Cet œil, c'est pour vous que Je l'ai perdu! Donnez-moi un guide qui me conduise vers mes fils, car mes jarrets tranchés ne supportent pas le poids de mon corps! » A la rigueur, ces déclamations seraient tolérables, si elles préparaient la voie à des jeunes gens se destinant à l'éloquence. Mais, à cette enflure du sujet, à ce vain cliquetis de mots, tout ce qu'ils gagnent, c'est qu'une fois arrivés au Forum, ils se croient transportés dans un autre monde. Et si les jeunes gens s'abêtissent à l'école, c'est, je pense, parce qu'ils n'y voient, parce qu'ils n'y entendentrien qui se rapporte à la vie réelle. Ce ne sont que pirates, qui se tiennent sur !e rivage avec des chaînes à la main ; que tyrans, rédigeant des édits par lesquels il est ordonné aux fils de trancher la tête à leurs pères; que réponses d'oracles, en vertu desquels il faut, pour chasser la peste, immoler trois vierges ou davantage. Ce ne sont que boulettes de paroles emmiellées : les mots, les faits, tout y est comme saupoudré de pavot et de sésame. Nourris dans un tel milieu, les jeunes déclamateurs ne peuvent pas plus avoir de goût qu'il n'est possible à ceux qui habitent dans les cuisines d'exhaler une bonne odeur. Permettez-moi de vous le dire : C'est vous, Rhéteurs, qui, les premiers, avez perdu l'éloquence! Vos légers et vains cliquetis de mots, les efTets artificiels que vous provoquez, n'ont eu d'autre résultat que d'énerver le corps du discours, que de l'abattre '.

L'auteur du Dialogue des Orateurs^ dont l'action est censée se passer vers 75 ou 76, fait porter les mômes accusations par un personnage qui a une toute autre autorité que l'affranchi Encolpe. C'est Vipstanus Messalla, l'orateur connu, l'historien de la guerre entre Vitellius et Vesp'asicn où il avait servi comme tribun militaire, qui attaque en ces termes la rhétorique et l'école :

Maintenant, nos petits jeunes gens sontconduilsaux écoles

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