‹ La jeunesse d'OvideChapitre 50 sur 203 · Siiliricon. I, M · texte numérisé non relu

Siiliricon. I, M

de ces hommes que Ton appelle des rhéteurs. Là, je ne saurais dire ce qui gâte le plus leur esprit, l'école elle-même, les condisciples ou le genre d'études. L'école n'inspire aucun respect; il n'y entre que des gens également ignorants. Les condisciples ne sont d'aucun profit: enfants mêlés à des enfants, petits jeunes gens parmi des petits jeunes gens, ils parlent, ils sont écoutés avec la même absence de critique. Quant aux exercices eux-mêmes, ils vont en grande partie contre le but que l'on se propose. En effet, deux sortes de matières sont traitées chez les rhéteurs, les .suasonae et les controversiae. Les suasoriac, considérées comme plus faciles et comme demandant moins de maturité, sont abandonnées aux enfants; les controversiae sont réservées à des élèves plus forts. Mais, quels sujets, grands dieux! Gomme ils sont composés d'une manière incroyable ! Le thème à développerétant parfaitement opposé à la réalité, il ne peut en résulter que simple déclamation. C'est ainsi que récompenses attribuées aux tyrannicides, alternative entre la mortet le mariage offerte aux filles violées, remèdescontre lapeste, incestes des mères avec leurs fils, et toutes les autres questions du môme genre agitées chaque jour <à l'école n'ont jamais, ou n'ont que bien rarement, l'occasion d'être débattues au Forum en langage emphatique'.

En somme, ce que les critiques du Satiricoti et du Dialogue des Orateurs reprochent avec autant de violence que de raison à l'enseignement de l'école, c'est de ne pas être une utile préparation à l'éloquence du barreau. Quintilien ramènera cet enseignement à son but nécessaire. L'Institution Oratoire le dit en termes précis : u La déclamation doit préparer aux luttes du Forum \ » Il est permis de contester l'utilité de certains exercices de cette gymnastique préparatoire; mais, toutes réserves faites, on ne peut refuser quelque mérite à lu déclamation,

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