Odijssée, XI, v. o43-.j5o, 56i-r.G
tragH'die d'Eschyle II szA(i)v v.phi;^, reprise par deux tragiques romains, Pacuvius et Accius, auteurs l'un et l'autre d'une pièce intitulée Jiidicium Armorum-. Longtemps avant le déclamateur latin Porcius Latro, longtemps môme avant Pacuvius et Accius, un rhéteur attique, qui est le fondateur de l'Ecole Cynique, Antisthène, l'élève de Socrate et l'ami. de Xénophon, avait composé les deux plaidoyers contradictoires d'Ajax et d'Ulysse dans la dispute relative aux armes d'Achille -^ A la fin de la littérature grecque, le poète Quintus de Smyrne prouve qu'il est un adepte de la renaissance sophistique du ui° siècle en donnant dans sa Suite (TEomerc une large place aux déclamations d'Ulysse et d'Ajax'*.
Ce thème de rhétorique était devenu un sujet de concours de peinture. Au iv" siècle avant Jésus- Christ, deux peintres célèbres, Parrhasios d'Ephèsc, qui établit pour la peinture le canon des proportions, et Timanthe de Sicyone, l'auteur du fameux Sacrifice d'Iphigénie, où, désespérant de représenter dignement la douleur d'Agamemnon, il avait peint le roi des rois la tête couverte d'un voile — deux maîtres rivaux concouraient dans l'île de Samos. Le Jugement des armes par Timanthe était estimé le meilleur ; et Parrhasios vaincu s'écriait : (( Je
1. A. Nauck, Ti'nq'icorumGraeconimFrafjmenla, eé\i\o ^Qcwnûa^ Lipsiae, 188Î), p. 57-'o8.
2. Olto Ribbeck, Traqicnvinn Romanorum Fragmenta, tertiis (iiris, Lipsiae, 1897. — M. Pacuvius, Armorum Judicium, p. 1)0-93. — L. Accius, Armorum Judicium, p. 178-181.
3. \. Croiset {Hisfoire de la Lif/éralure r/recque,t. IV. Paris, 1895, p. 248) admet, comme Blass, l'authenticité de ces deux disc()urs d'école.
4. Ouintus de Smyrne, Ta ijlîO' Oa'V.oov. cliant V, v. 180-310.
plains le sort d'Ajax une seconde fois vaincu par un adversaire indigne de lui ^ ! »
La déclamation de Porcins Latro ne doit pas avoir fourni seulement aux deux discours d'Ajax et d'Ulysse, qui occupent près d'un tiers du XIII" livre des Métamorphoses ', Tunique sententia du maître citée par Sénèque le Rhéteur. Ces deux discours, grâce sans doute à l'excellente mémoire du poète et peut-être aussi à ses vieux cahiers d'élève, nous font l'effet de la contwversïa elle-même du professeur de déclamation, qui ne nous est pas parvenue, mise en vers faciles et abondants. « Ovide, a dit fort justement un critique •^ Ovide a fait deux très bons devoirs de rhétorique... L'exorde, la narration, l'argumentation, la péroraison et jusqu'à l'attitude des personnages, tout a été conçu et exécuté selon les règles delà plus minutieuse rhétorique. La seule chose qui m'étonne, c'est qu'Ovide ait pu faire à quarante-cinq ou cinquante ans un discours aussi jeune. »
Ces jeunes discours d'un vétéran de rhétorique, hors d'âge depuis bien des années, ont mérité des éloges aussi compromettants pour le poète que flatteurs pour l'ancien élève de la classe de déclamation. L'un des auteurs de la Saft/re Mènippêe^^QdXi Passerai (1534-1602), professeur d'éloquence latine au Collège de France, se justiliedans une îii Ovidii Armomni Judichon Praefatio'' de s'occuper d'un