Amours, 1, ii, v
LA JEUiNESSE d'oVIDE 111
herbes mêlées d'épines. Le cheval qui sera trop longtemps resté au repos courra mal; lancé dans la carrière, il viendra le dernier, après tous les autres. La barque qui aura été trop longtemps tenue loin des ondes coutumières tombe en pourriture et s'ouvre de toutes parts. Moi aussi, qui n'ai Jamais été autrefois qu'un pauvre écrivain, désespère de me voir redevenir égal à ce que j'étais ^
Il ne faut pas s'étonner si mon dme s'amollit, si elle se liquéfie, pareille à la neige qui se fond en eau. Comme le navire atteint gravement est miné par les vers cachés, comme le roc est creusé par l'eau salée de la mer, comme le fer abandonné est rongé par la rouille mordante, comme un livre que l'on a renfermé est dévoré par les mites : ainsi mon cœur ressent les perpétuelles morsures des angoisses, et ces morsures le tortureront à jamais'^.
Tu vois comme l'oisiveté énerve le corps engourdi, comme les eaux se corrompent, si elles demeurent immobiles -^
Il est impossible de cataloguer toutes les sententiae de rhétorique qui se trouvent répétée^, variées, développées à l'inlini dans les diverses œuvres d'Ovide. Un érudit allemand a consacré toute une thèse de doctorat à dresser la liste des principaux lieux communs qui se reproduisent dans les recueils du poète. Ce sont, dans les œuvres de jeunesse, des sententiae qui ont rapporta l'amour; dans les œuvres de vieillesse, des sententiae qui ont rapport à l'exil; un peu partout, des petites comparaisons mythologiques et des descriptions toutes faites de phénomènes naturels, tels que le lever ou le coucher du soleil. La tlièseest intitulée Ooide imitateur