Trist., V, XII, v. 2t
•1. Vont., 1, I, V. 67-74. 3. Pont., L V, V. 0-6.
112 LA JEUNESSE BOVIDE
(le lui-ntêiueK Je crois que le poète, s'il s'imite luimême, commence par recueillir ces lieux communs qu'il s'empruntera à lui-même dans les cahiers d'expressions soigneusement rédigés à l'école de rhétorique. Ces expressions, il prétend les renouveler sans cesse, et cette prétention le fait tomber dans le défaut contre lequel Horace mettaiten garde les Pisons : « Celui qui veut varier un seul sujet à l'excès, tombe, s'il manque d'art, dans un grand défaut, à force de vouloir éviter le défaut contraire'-. )^ Ovide ne manque pas d'art, assurément, mais il manque de goût et de mesure. Sénèque lui-même le remarque : épris de tous ses vers, faits cependant avec une si grande facilité, le poète ne consent pas à en sacrifier un seul aux critiques de ses amis, qui sont des hommes de goût. Les Conlroverscswow:^ rapportent une curieuse anecdote où l'on voit des arbitres choisis, parmi lesquels Albinovanus Pedo, l'auteur à la mode d'une Théséide^ que nous ne connaissons pas, et d'une description de l'Océan, dont Sénèque nous a conservé vingt-quatre hexamètres-'. Ovide se refuse absolument à détruire ces deux vers : « Un homme qui est à moitié bœuf, et un bœuf qui est à moitié homme '^ », et « Le Borée qui amène les glaces et le Notus qui chasse lesglaces'». Sénèque conclut : « Cela prouve que ce poète d'un souverain génie manquait, non pas de jugement,