Horace, Avt Poétique, v. 29 et suiv. ;}. Suusnr., 1, XV
4. Arl d'aitncr, II. v. 2'i : ScDiibovcinque vifinn. sciiuvirumqne bovem.
5. Amours, II, xi, v. 10: Et gelldum Borean, egclidumque Sotum.
mais du goût nécessaire pour restreindre l'exubérante licence de ses vers. Il disait qu'un visage est embelli quand il s'y trouve quelque imperfection^ »
MamercusScaurus, avocat habile, orateur fécond, qui devait être une des victimes de Tibère, disait qu'Ovide était parmi les poètes ce que le prolixe Montanus- était parmi les orateurs : il trouvait digne de Montanus le discours qu'Ovide fait prononcer par Hécube auXlIP livre des Métamorphoses. Sénèque approuve : « Quand Ovide a rencontré un développement à succès, il ne sait plus l'abandonner. Scaurus disait avec raison: Ce n'est pas un moins grand mérite de savoir s'arrêter que de savoir parler -^ »
Les cénacles des rhéteurs s'occupaient beaucoup d'Ovide. On le discutait, mais on appréciait son talent littéraire et on admirait ses traits d'éloquence. Sénèque rapporte son opinion sur deux vers des Argonaiiliques de Varron de l'Atax : Les chiens aidaient cessé (f aboyer et les villes étaient silencieuses. Tout était enseveli dans le calme repos de la nuit''. « Ovide avait coutume de dire à propos de ces vers qu'ils auraient pu être bien meilleurs, si le poète avait retranché la fin du second, s'il s'était arrêté à ces mots : Tout appartenait à la nuit (otnnia noctis erant). Varron a parfaitement développé le sens qu'il a voulu donner à ces vers. Ovide
i. Controvers., II, ii, 12.
2. Montanus est d'ailleurs un ami d'Ovide, qui vante ses vers héroïque» et se» vers élégiaques {Pont., IV, xvi, v. 11-12). '.\. Conh-overs., IX, v, 17.
'(. Dcsierant latrnre canes, wbesQue silebant ;
Oinnia noctis erant jtUtcida comitosta quiète,
a trouvé un sens qui lui appartient clans le second vers : en effet, le commencement du vers et le vers entier doivent signifier toute autre chose ^ »
Ovide, qui refaisait les vers de Varron, ne craignait pas de modifier ceux de Virgile, pour les introduire dans ses propres œuvres ; c'est ce que remarque sonamiGallio: «Il empruntait les vers de Virgile, non pour lespiller, mais pour les imiter, et il voulait qu'on reconnût son imitation et sa manière propre. C'est ainsi que, dans sa tragédie, il a placé ce vers : Je suis portée çà et là comme i^leine de r esprit du dieu [feror hue illuc^ utplena deo-). »
A propos d'une sententia développée dans une controversia, Vinicius, un grand appréciateur d'Ovide [summus amator Ovidii)^ un orateur, dit Sénèque, également incapable de dire et de supporter des inepties, rappelait que cette sententia avait été ha bilement mise en valeur par Ovide, poète célèbre dans l'art d'en imaginer de semblables : « Car, au sujet de la mort d'Achille, il emploie cet épiphonème : Cest le seul bonheur qui puisse réjouir Priam après la perte d' Hector 'K »
Au cours d'une autre controversia^ le déclamateur Alfius Flavus avait prononcé cette sententia: « Il était à la fois son propre aliment et sa propre perte. » Cestius, maître célèbre de déclamation, l'interrompt: « On voit que tu lis les poètes avec soin, car ceci appartient à celui qui a rempli notre siècle non seu-