‹ La jeunesse d'OvideChapitre 68 sur 203 · Plessis, Etudes critiques sur Properce, p · texte numérisé non relu

Plessis, Etudes critiques sur Properce, p

4. Tristes, I, ii, v. 77 : ... quondam petii sfudiusus Athenas.

sur la date du départ d'Ovide : il est permis de supposer que c'est vers l'âge de dix-huit ans que Té lève des rhéteurs partit pour la Grèce.

Depuis que la pax Homana faisait régner la sécurité dans toute l'étendue du monde soumis à l'Empire, les voyages étaient devenus aussi fréquents que commodes. 11 était beaucoup plus facile à un citoyen romain, sous le principal d'Auguste, d'aller de Rome en Asie ou en Gaule qu'il ne le sera à M"'*" de Sévigné, sous le règne de Louis XIV, de se rendre de Paris à sa terre de Bretagne. A la fm de la République, la mer était libre de pirates, grâce à Pompée ; le réseau des routes était bien entretenu. César ne mettait que huit jours pour aller de Rome aux bords du Rhône. Quand les troubles civils furent apaisés, les routes de terre redevinrent sûres et des services réguliers de navires remirent les ports d'Italie en communication rapide avec ceux du reste du monde.

Les voyages sur mer se faisaient pendant le printemps, l'été et les beaux jours de l'automne. A l'époque d'Auguste, alors que les cultes étrangers avaient déjà envahi le monde romain, la période propice àla navigation était inaugurée parune cérémonie curieuse, le Naviginm /.9z.9,que Ton célébrait le 5 mars, dans tous les ports de la Méditerranée ^ Dès l'aube du jour, à la lueur des ilambeaux, au chant des hymnes mystiques, au son strident des sistres etdes tympans, au bruit éclatant deslongues trompettes droites, la procession des habitants en

\ . Apulée (MrUunurphoses, XI, v-vi) donne uneclescriplion détaillée de cette cérémonie.

vôtements de fôte, et des serviteurs, portant les attributs et les images des dieux, descendait solennellement vers le port. En commémoration des voyages que la déesse égyptienne Isis avait faits à la recherche de son époux Osiris disparu, le grandpretre consacrait à Isis et lançait à la mer, après l'avoir arrosée de libations de lait, une barque (navigium) peinte à la mode égyptienne, chargée d'ornements et de marchandises. Quand la barque avait disparu à l'horizon, on déclarait la navigation ouverte. Elle se fermait le 11 novembre. Dès que les brumes de la lin de l'automne s'étendaient sur la mer, les navires se hâtaient de rentrer vers leurs ports d'armement; s'ils en étaient trop, éloignés, on les tirait à sec sur quelque rivage étranger. Le moment était venu où la mer prenait ses quartiers d' hiver K

Pendant la saison des tempêtes hivernales, on ne voyageait sur mer que si des causes impérieuses le commandaient. A la fin de sa vie, Ovide a connu cette nécessité de s'embarquer en hiver sur les mers tempétueuses. 11 rappelle, dans les Tristes-^ qu'un ordre imprévu de relégalion le força de s'exiler en Scythie au milieu des rigueurs de décembre.

Mais, en 25 avant Jésus-Christ, quand le jeune Ovide, heureux lauréat des écoles de déclamation, se préparait à un voyage d'études et de plaisirs, il pouvait choisir le moment de son départ. C'est au

1. Hli'maf. mare (Horace, Sa/ives, 11, h, v. 1*; Pline l'Ancien, Hisloire Nattirelle, 11, xi-vir. 125. etc.). 'Il Oâ>>afy'7a xstjxâ^et. — Les mots liions et /ciixaSv signifient à la fois la tempéle'et Chiver.

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