T vis les, I, XI
printemps ou enctéqu'il se mit en route. On faisait par voie de terre la première partie du voyage, de Rome à Brindes, oij l'on s'embarquait sur la mer Adriatique. C'était un trajet de 360 milles (533 kilomètres), qui durait de cinq à dix jours, suivant les moyens de transport dont on pouvait disposer. Dans un de ses poèmes écrits en exil, où il s'adre&se à ses distiques élégiaques qui vont lentement, d'un pied inégal^ Ovide leur dit :
Quand vous aurez franchi les plaines glacées de laThrace, le Mont-Hémus, couvert de nuages, et les Ilots de la mer d'Ionie, en moins de dix jours vous parviendrez à la ville maîtresse du monde, à supposer même que vous vous soyez bien peu hâtés dans votre marche 2.
Nous connaissons par Horace ^ les étapes du voyage de Rome à Brindes, que le poète satirique lit très lentement en douze journées.
Vôtus de leur costume de route, munis du long manteau [paemda) et du capuchon contre la pluie [aicullus)^ du large chapeau qui abrite du soleil (petasiis), ceints de la zona oij se trouve la bourse qui contient le viaticioii en pièces d'or, les voyageurs sortent de Rome parla Voie Appienne, u la reine des longues voies '* ». Construite de Rome àCapouepar
1. Ponlùfues, IV, v, v. 3 :... nec vos pedihus procedilis aequis. — Ovide, par ce mauvais jeu de mots, fait allusion à Tinégalité de rhexamètroet du pentamètre qui composent le distique élégiaque. Il avait déjà dit dans les A)nours (III, i, v. 7-10) : '/ L'Elégie vint vers moi; ses cheveux parfumés étaient noués avec art; l'un de ses pieds, je crois bien, était plus long que l'autre : sa beauté était décente, sa robe des plus légères, son visage celui d'une amante. Le défaut même de ses pieds lui donnait de la grâce. »