‹ La jeunesse d'OvideChapitre 7 sur 203 · lùisles, III, v · texte numérisé non relu

lùisles, III, v

bien que des maîtres d'école, des médecins, des ciseleurs, des sculpteurs, des peintres et des poètes, la Minerve romaine semble être beaucoup moins la déesse de l'enthousiasme prophétique du poète, que de l'art industrieux, du métier savant de l'habile manieur de rythmes, ouvrier impeccable en versification.

L'inspiration du dieu de Délos et de Glaros a fait de Virgile le maître du chœur des poètes religieux qui ont chanté des vers dignes de Phébus'. Elève parfait des rhéteurs latins de qui il saura apprendre tous les procédés et toutes les recettes de déclamation , disciple attentif et ingénieux des poètes alexandrins qui lui ouvriront les trésors de leur érudition mythologique, Ovide ne doit-il pas à la déesse latine de la versification cet art consommé du mètre, cette virtuosité qui lui permet de faire entrer dans les limites étroites du vers héroïque et du distique élégiaque l'expression de toutes les idées, de jongler avec les mots comme le baladin avec les boules? Le poète Ovide peut dire de son « métier » ce que Louis Bouilhet fait dire à son rhéteur Paulus :

C'estun métier cliarmaut et bien digne d'envie,

Par Castor et Pollux ! — quoi qu'en disent les vieux —

Que dépolir des mots le tour ingénieux

Et de tordre la phrase avec sa fantaisie,

Comme un serpent marbré dont un jongleur d'Asie

Roule autour de ses lianes et déroule les nœuds 2...

La protection de Minerve, qui a présidé h la nais-

1, Kné.ide, VI, v. G62:... pii vafes et Phoeho digna locufi.

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