‹ La jeunesse d'OvideChapitre 82 sur 203 · Fastes, VI, v · texte numérisé non relu

Fastes, VI, v

2. Strabon (XIII, i, 25-28) raconte la légende, mais il en démontre la vanité.

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Pallas-Athéné consentait à rester la déesse tutélaire de la nouvelle ville. A la suite de sa victoire du Granique, Alexandre était allé à Troie offrir un sacrilice à Pallas. Dans le temple de la déesse, on lui avait montré la lyre de Paris et les armures des héros homériques. Le conquérant était parti en accordant de grands privilèges à Ilion, désormais autonome et exempte d'impôts. Après la mort d'Alexandre, Lysimaque, roi de la Thrace et des pays riverains du Pont-Euxin, avait pris d'ilion un soin tout particulier.

En 190, Antiochus le Grand fut battu à Magnésie, en Lydie, par Scipion l'Asiatique : les Romains commencèrent à pénétrer en Asie Mineure, particulièrement en Troade. La légende d'ïlion, considérée comme métropole de Rome, devint pour les Romains une légende nationale. Les voyageurs de distinction allaient faire des saci'ifices dans les temples de Troie : à beaucoup d'entre eux, avant Ovide, on avait montré, dans le sanctuaire de Minerve, la place où se trouvait la statue de la déesse, et, dans la plaine, les tombeaux des héros de la guerre de Troie, celui surtout de Protésilas où un prodige se manifestait: sur le tertre qui recouvrait le corps du premier des Achaïens débarqué des navires et tué [)ar les Troyens, des arbres avaient été plantés qui se desséchaient dès que leur faîte arrivait àla hauteur d'où Ton pouvait découvrir Troie dans le lointain ; puis ils reverdissaient, recommençant ri grandir pour se dessécher de nouveau ^ La légende

\. Pline l'ADrien, .V. //., XVI, i.xxxvm.

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de Troie était devenue une religion officielle au temps des empereurs qui descendaient de Jules César. A en croire Lucain, César lui-même, après la bataille de Pliarsale, se détourne de son voyage vers l'Egypte oii il va poursuivre Pompée, pour visiter les ruines de Troie, y établir des autels, y faire des sacrifices aux dieux d'ilion et de Rome^. Nous savons par les Commentaires de César ^ que ce pèlerinage a Troie est une imagination du poète ; mais il est permis de supposer que, si V Enéide avait été publiée au temps de la bataille de Pharsale, César se serait détourné de sa route pour aller à Troie faire ses dévotions au mimen de la ville, mère de Rome. En l'an 53 après Jésus-Christ, sous le consulat de D. Junius Silanus et de Q. Haterius, l'empereur Néron prononçait devant le Sénat un grand discours, à la suite duquel il obtenait l'immunité complète de tout impôt pour les habitants d'ilion considérés comme ancêtres des Romains 3. En Tan 18 après Jésus-Christ, le grand-père de Néron, Germanicus César, père d'Agrippine, avait fait un voyage dont les étapes indiquaient bien quels étaient les endroits de la Grèce qui devaient solliciter l'attention d'un lettré appelé à recueillir la succession de Tibère, son père adoptif^. Germanicus visita Actium, Athènes, l'Eubéc, Lesbos, les villes de Thrace, l'île de Samothrace, Ilion, « vénérable, parce que

\. Lucain, De Dello Civili, IX, v. 950-991.

2. On sait par le De Bello CivUi de César (III, en et civ) que le vainqueur de Pli:i,rsale, uniquement occupé de poursuivre Pompée, longea le littoral de la Troade, sans s'y arrêter, et ne fit relâche qu'a phèse.

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