‹ La jeunesse d'OvideChapitre 92 sur 203 · Art (Intimer, I, v. 647 etsniv · texte numérisé non relu

Art (Intimer, I, v. 647 etsniv

que lui causait l'incendie allumé par l'imprudence de Phaéthon, le dieu du Nil s'enfuit aux confins du monde où il cacha sa source, qu'il dérobait encore aux contemporains d'Auguste ^

Quant à la navigation au milieu des Gyclades, il est probable qu'Ovide l'a faite lui-même. A propos du voyage aérien de Dédale et d'Icare, il cite Samos, l'île de Junon, Naxos, Paros, Délos, chère à Apollon, Lébynthos, Galymné, l'île aux forêts sombres 011 le miel abonde, Astypalaia, ceinte de bas-fonds poissonneux-.

Le poète semble connaître particulièrement la plus célèbre de ces îles, Délos. Peut-être, alors que la blanche Délos apparaissait au loin,a-t-il, comme la jeune Gydippé, dont il conte l'histoire dans ses H('roïdes^ reproché aux rames leur lenteur, déploré que l'on donnât aux vents trop peu dévoiles, et dit en gémissant : « Pourquoi me fuir, ô île sainte ? Es-tu donc, comme jadis, errante sur la vaste mer?» Peut-être a-t-il erré sous les portiques, admirant les présents des rois, les statues érigées sur toutes les places et ces innombrables merveilles qu'on ne peut rapporter, qu'on ne peut môme se rappeler ^. Peut-être a-t-il visité avec respect « la ville d'Apollon, le temple, les autels consacrés, les arbres que Latone tenait embrassés au milieu des douleurs de l'enfantement ' ».

i. Met., 11, V. 254 et suiv.

2. Art iVahner, H, v. 19-82. — Ces vers sont rei>r()(luits avec quel(iiies variantes dans les Métamorphoses (VIII, v, 220-222).

.j. Hér., XXI, V. 78-102. — On sait que cette Héroïtle a été souvent considérée comme apocryphe.

i. Met., XIII, V. 634 et suiv.

Mais il ne nous dit rien de l'itinéraire qu'il a suivi pour passer d'Asie Mineure en Sicile. Il est permis de supposer que le poète se souvient de son propre voyage, quand il indique les escales du navire, qui, Tan 204 avant Tère chrétienne, transporta des côtes de l'Asie Mineure en Italie la pierre noire de Pessinonte, Taérolithe divin, qui était l'image vénérée de la déesse Cybèle en Phrygie :

La déesse vogue en toute sécurité sur les mers, domaines de son fils Neptune. Elle arrive au long détroit de la sœur de Vhnxos {VHellespont), dépasse les tourbillons du Rhœtée (caj7 de Troade), les rivages de Sigée {où était le camp des Grecs devant Troie), et Ténédos {île en face de Troie), et l'antique cité d'Éétion {Thèbes, sur le littoral de la Troade, oii régnait Eétion, père d'Andromaque). Elle laisse derrière elle Lesbos, passe au travers des Cycladeset des eaux qui se brisent contre les bas-fonds de Garystos {dans Vile d'Eubéc). Elle traverse la mer Icarienne, cette mer où Icare tomba, privé de ses ailes, et donna son nom aux eaux immenses. Entre la Crète qu'elle laisse à gauche et les eaux du Péloponèse qui sont à sa droite, elle aborde à Cythère, Tile sacrée de Vénus. Puis elle entre dans la mer de Trinacrie {la Sicile, Cile aux trois pointes ^ ).

Le navire qui portait la statue informe de Cybèle continua sa route entre la Sicile et la côte d'Italie jusqu'au port d'Ostie, où la pierre sacrée fut reçue par Scipio Nasica et solennellement confiée aux matrones qui l'apportèrent à Rome. Le navire d'Ovide passa, sans y faire escale, en vue de Cythère « battue par les Ilots - », et s'arrêta en

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