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LA JEU.NESSE d'oVIDE 173
Dans V Élégie qu'Ovide exilé envoie à son ami Macer^, il lui rappelle qu'ils ont visité ensemble la Sicile, comme l'Asie Mineure :
Tu étais mon guide, ô Macer, quand nous avons visité les superbes villes d'Asie; lu étais mon guide, quand mes yeux apprirent à connaître la Sicile. Nous vîmes ensemble le ciel resplendir des flammes de l'Etna, de ces flammes que vomit la bouche du Géant enseveli sous la montagne; nous vîmes ensemble les lacs d'Henna, les marais fétides dé Palicus, et la région où TAnapos mêle ses flots aux flots de Gyané. Non loin de là est la demeure de la Nymphe qui, fuyant le fleuve de rÉlide, s'échappe encore aujourd'hui, protégée par les eaux de la mer. C'est dans ce pays que je passai une bonne partie de l'année qui s'écoulait. Hélas I Combien ce pays difTère de celui des Gètes! Que les paysages de la contrée où je suis ressemblent peu à ceux que nous vîmes tous deux, alors que tu me rendais nos voyages si agréables ! Tantôt notre iDarque aux mille couleurs sillonnait l'onde azurée, tantôt la roue rapide des chars nous emportait. Souvent, la route nous parut abrégée par nos entreliens; et nos paroles, à bien compter, étaient plus nombreuses que nos pas. Souvent, la journée ne sullit pas à nos conversations; alors que nous causions, les longues heures des jours d'été nous furent iiisutlisantes. C'est quelque chose d'avoir redouté ensemble les hasards de la mer, d'avoir adressé, en les unissant, nos prières aux dieux marins, d'avoir traité ensemble les mêmes affaires, puis, pour nous délasser, de nous être ensuite livrés ensemble à des distractions que l'on peut rappeler sans honte 2.
Sur leur barque aux mille couleurs, Ovide et Macer ont fait le périple de «l'île qui doit son nom de Trinacrie à sa forme, qui lance dans la vaste mer ses trois pointes, ses trois promontoires,
i. Voir pii-e i:.;..