‹ La jeunesse d'un romantiqueChapitre 8 sur 17 · BB BÉTAIL · texte numérisé non relu

BB BÉTAIL

. Plus tard (dans le dernier volume, peut-être), je publierai un^essai, un examen, à propos de ce livre et des suivants. Mais je veux d'abord mener à bien, si possible, cette Histoire d'un Romantique,

Pour l'instant, voici quelques indications sur l'objet que je me suis proposé, et sur la méthode suivie : ^ L'histoire d'un homme.

Un homme, un artiste qui vit sa vie, fait son œuvre et la fait valoir, — qui subit, chaque jour, les divers et innombrables, les mystérieux effluves de son siècle.

L'au jour le jour de la vie vraie.

W^ Donner la sensation de ce qui fut vivant.

Ecrire tel passage (quitte à le refondre plus tard) dans le vif de l'impression reçue, alors que l'on frémit de joie auprès du document découvert, c'est-à-dire devant la vie même. — « Le vin du premier foulage coule de la cuve avec douceur: quel bouquet subtil! Mais, quant au vin qui gicle sous la vis du pressoir, les pépins et les peaux écrasés lui laissent un arrière-goût. Il en va de même des jugements critiques : conformes à l'harmonie des choses et pleins de charme s'ils se dégagent des œuvres caressées d'une main légère;... autrement, à trop insister, ils tombent dans l'ergotage et le lieu commun. » — Ainsi, ou à peu près, pensait Bacon (1). — Et Sainte-Beuve aimait une telle pensée.

(1) De Augmentis Scientiarum (à la fin) : Certe quemadm odum viaa quœ sub primam calcationem molliter defluunt, sunt suaviora quam quae a torculari exprimuntur, quoniam hœc ex adno

A chaque période, faire^affleurer, çà et là, le style d'alors et les mots mêmes du héros.

Faire jouer les documents, l'un par l'autre, comme un peintre fait jouer des touches dont il est sûr. Chaque touche doit être relative aux autres, et l'ensemble harmonieux.

Renan — puis- je l'appeler mon maître? -7- écrivait :

« L'histoire est un art autant qu'une science; la perfection de la forme y est essentielle... Dès qu'il s'agit de sujets touchant à la morale [quelques-uns diront à la psychologie]y la pensée n'est complète que quand elle est arrivée à une forme irréprochable, même sous le rapport de l'harmonie, et il n'y a pas d'exagération à dire qu'une phrase mal agencée correspond toujours à une pensée inexacte. La langue française est arrivée, sous ce rapport, à un tel degré de perfection qu'on peut la prendre comme une sorte de diapason dont la moindre dissonance indique une faute de jugement ou de goût. »

... « Le style, c'est-à-dire les nuances infinies de la pensée. »

Les précautions de la méthode historique; les minuties, les subtilités de la critique des textes, le patient examen des manuscrits et de leurs variantes; — puis, enlever l'appareil critique ainsi qu'on enlève les échafaudages.

Toutefœs, pour les gens du métier (et pour permettre le facile contrôle), indiquer d'un mot, dans les cas intéressants, comment l'on a lait...

La Bibliographie générale, je me réserve de la donner en même temps que V essai dont je viens de parler. Ici, elle éerait par trop encombrante (1).

et cute uyae aliquid sapiant; similiter salubres admodum ac suaves sunt doctrinœ quœ ex scripturis leniter expressis émanant, nec ad controversias aut locos communes trahuntur.

(1) En collaboration avec M. Charles Malherbe (qui publie, chez Breitkopf, de concert avec M. Weingartner, une grande et admirable édition critique de Fœuvre musical de Berlioz) sans doute publierai-je un répertoire de documents sur Berlioz^ Dans Ce livre la place d'une bibliographie est tout indiquée.

NOTES ET FRAGMENTS I>iVER6 51S

Quant aux références de détail, je les ai réduites au plus strict indispensable. — D'ailleurs, le plan biographique, et surtout ma constance à me servir de chaque document pour le moment même oit il fut écrit, — ma constance à indiquer, par un mot du texte même, quel est ce document, m'ont permis de supprimer la plupart des références, et notamment toutes celles qui renverraient aux lettres ou aux articles de Berlioz.

Au début de chaque chapitre, Ton trouvera l'indication de quelques sources particulières au chapitre : mais là, je n'ai pas répété les provenances évidentes, ni celles que mon texte, ou une note, indiquait par ailleurs.

Page 1