II. — AIDES, FACILITÉS QUE j'aI TBOUVÊBS. — GUIDES
PBÉCIEUX.
Ce long travail m'a fait l'obligé de bien des personnes : amis, confrères, ou berlioziens qui ont écrit avant moi. Je prie tous ceux dont je cite déjà le nom, çà et là; je prie tous ceux dont je citerai le nom dans la bibliographie qui accompagnera mon essai, ou le répertoire de documents, de croire à ma sincère et profonde gratitude (1).
Si de nombreux, si de bons livres et articles, si des documents de toute sorte n'avaient déjà été publiés, je n'aurais pas pu entreprendre cette monographie où j'essaye de faire revivre, dans l'atmosphère qu'il respira, un homme, et l'œuvre qui est le reflet mélodique de lui-même. Par bonheur, depuis quelque temps, les romantiques sont fort
(1) Dès aujourd'hui, voici du moins quelques noms : Allix, Bellaigue, Bouyer» Bruneau, Brenet, Chantavoine, H. de Curzon, Dandelot, Desplagnes, Dukas, Ernst, docteur G. Fischer, Fouque, F. Grenier, H. Gauthier-Villars, Hippeau, JuUien, Kastner, Kretzschmar, KulTerath, L. de Là Laurencie, P. Lalo, La Mara, F. Liszt, Rudolf Louis, Marnold, G. de Massougues, P. Mathieu, Morillot, G. Noufflard, J. d'Ortigue, G. Pierre, Louise Pohl, Richard Pohl, A. Pougin, J.-G. Prodhomme, L. Quicherat, Reyer, Hugo-Riemann, Romain Rolland, Saint-Saëns, Schindler, Schuré, Schumann, Servières, Smolian, E. de Solenière, Karl von Stockmayer, J. Tiersot, Richard Wagner, Weingartner...
étudiés : il y a, maintenant, assez de recul, et assez d'informations diverses, pour que V histoire cTun romantique commence à être possible. On va pouvoir, enfin, sortir de Ta peu près. Et l'âme du romantisme ne nous, est pas encore par trop étrangère. — Le hasard, semble-t-il, m'a fait écrire mon livre au bon moment : je l'en remercie.
Je dois aussi remercier, d'une façon toute particulière,. M. J.-G. Prodhomme. Cet excellent berliozien a écrit naguère (1904) : M. Adolphe Boschot, travaillant lui-même à un ouvrage considérable sur Berlioz et son œuvre, rrCa aide, avec une rare abnégation, comme un véritable collaborateur,.. De fait, si je retournais cette phrase à l'adresse de M. J.-G. Prodhomme, elle serait beaucoup plus exacte : je me plais donc à le faire.
M. Charles Malherbe pourrait, en quelque sorte, revendiquer une grande part de mon travail. Je le reconnais avec joie. — Par. l'édition critique des œuvres de Berlioz, qu'il dirige avec M. Weingartner; par les innombrables manuscrits de tout genre qui sont en sa possession, — et la plupart inédits; par son érudition et sa complaisance inlassëd>le, par son amitié même, M. Malherbe a fait, pour cette Histoire d'un Romantique, tout le possible.
Je dois remercier la famille de Berlioz, Mme Reboul, Mme Chapot et ses fils. Grâce à leur obligeance, j'ai pu consulter bien des documents originaux et inédits. (J'en parlerai plus loin.)
• M. Celle, conservateur du Musée de la Côte, M. Prudhomme, archiviste de l'Isère; M. Weckerlin, bibliothécaire du Conservatoire de Paris, ont été, pour moi, des guides précieux et amicaux. — Je dois encore citer M. Arthur Pougin, qui m'a prêté un considérable dossier (lettres et articles); M. Martial Teneo, qui m'a fait profiter de son érudition et de sa connaissance toute particulière de l'histoire du théâtre; M. Edouard Colonne (dont le nom est inséparable de celui de Berlioz), qui a mis à ma disposition la collection des feuilletons de Berlioz aux Débats,
. Enfin, comment dire ici ce que je dois à M. Teodor de Wyzewa? Lui-même, si je l'essayais, il pourrait en prendre
ombrage par excès de délicatesse... Hélas! cher et délicieux ami, qui donc, sauf quelques mozartiens, pourra comprendre ce que m*a révélé notre fervente communion en Mozart? Peut-être en aura-t-on quelque idée quand paraîtra votre admirable Vie de Mozart, Mais qui donc sentira cette mystérieuse influence, reçue pendant les longues heures où tous deux, jouant du Mozart, nous écoutions le chant divin éveillé dans nos âmes par le génie même de la musique?
m. LA « COBRESFONDANCE » DB BERLIOZ : LAMBEAUX
ÉPARS. — UN HOMME DONT l' HISTOIRE EST POSSIBLE :
PLUS d'un document par semaine.
La Correspondance de Berlioz demanderait toute une étude spéciale : une longue étude sur les manuscrits et leur provenance, sur les erreurs, suppressions, truquages auxquels ils ont donné lieu... Dates faussées, lettres tronquées, noms supprimés : que de choses à dire!...
Mais on travaille encore à cette Correspondance, et nous attendrons le résultat.
Pour l'instant, nous dirons que nous avons disposé d'un millier de lettres.
Voici les principales provenances (1) :
498 sont déjà (1906) publiées dans différents volumes en France ou en Allemagne (Correspondance Inédite, Lettres Intimes, Lettres à Liszt (La Mara), Lettres à la princesse Sayh'Wittgenstein (La Mara), Lettres à Estelle {Revue Bleue, 1903), Lettres à Gounet (Allier, à Grenoble).
Près de cent cinquante (à ma connaissance du moins), ont été publiées dans des revues ou des journaux, ou dans des ouvrages sur Berlioz.
J'ai recopié sur les manuscrits mêmes, ou l'on m'a communiqué en copie cent vingt et quelques lettres (74 communiquées par la famille, — inédites encore mais
(1) Pour permettre à notre Histoire d'un Romantique d'être aussi exacte que possible, nous avons réparti toutes ces lettres, chacune à sa date, parmi nos fiches. Nous ne donnerons ici qu'une nomenclature approximative.
qui vont paraître en février 1906, — 6 recopiées par M. Paladilhe; manuscrits conservés à Grenoble, à la Côte, à Dieppe, etc., sans oublier ceux du Conservatoire de Paris» que m'a si aimablement communiqués M. Weckerlin).
D'autre part, les catalogues d'autographes de Charavay» deux dossiers, communiqués l'un par M. Pougin et l'autre par M. J.-G. Prodhomme, forment encore un appoint important (plus de quatre-vingts pièces).
Enfin, j'extrais ces quelques lignes d'une lettre que m'écrivit M. Charles Malherbe :
« Cher ami, je viens d'acquérir une correspondance de Berlioz avec Samuel, le directeur du Conservatoire de Gand. Il y a vingt-trois lettres... Je viens de classer mes lettres de Berlioz qui s'élèvent au chiffre de deux cent vingt. »
Or, depuis cette lettre (été 1904), M. Malherbe a acquis bien d'autres lettres : il me les a fort aimablement communiquées. Et j'ai pu voir, sur les manuscrits mêmesy que les lettres déjà publiées contenaient encore beaucoup d'inédit, et de l'inédit très significatif, tant les publications étaient mal datées, incorrectes, tronquées et truquées.
Cet ensemble, même en déduisant les lettres en double emploi, peut être évalué à un millier de lettres,
A ce millier de lettres, si l'on ajoute les pièces diverses (reçus, émargements, passeports, albums de poches, listes de noms pour les concerts, etc.); si l'on ajoute les quelque six cent cinquante feuilletons de Berlioz, où il y a presque toujours un renseignement sur lui-même; si l'on ajoute encore toutes les indications que contiennent les livres où il reproduit ses feuilletons, avec des changements bien curieux; et si l'on ajoute ce que contiennent, malgré tout, les fantaisistes Mémoires (à la condition de savoir les lire, c'est-à-dire de superposer leurs divers textes, afin de les faire jouer Tun par l'autre), on doit épaluer à plus de deux mille les renseignements provenant de Berhoz même, et pouvant, pour la plupart, recevoir une date.
Et les manuscrits de musique, et le Traité d^ Instrumentation, que ne contiennent-ils pas, comme renseignements précieux?... Enfin, les lettres des contemporain»^!^ articles
ou les livres d'amis, dé complaisants, ou même des ennemis, quelle mine presque inépuisable!
En janvier 1904, la famille de Berlioz m*a communiqué et laissé copier sur les manuscrits une quarantaine de lettres adressées à Berlioz par BalakirefT, Wagner, Liszt, Hans de Btilow, Lenz, Richard Pohl, Reyer, la princesse Sayn- Wittgenstein, Grounod, Meyerbeer, Pasdeloup, etc...; vingtquatre feuillets de la main de Berlioz, et qui ont servi aux Mémoires; un carnet de poche; des listes d'adresses pour les concerts; divers traités; un brouillon de testament; divers autres brouillons...; et tout un livre de grand format, écrit en bonne partie par Berlioz et contenant les procès^ verbaux de la Société Philharmonique.
Au printemps 1903, j'ai dépouillé, au Conservatoire de Paris, avec MM. Weckerlin et Malherbe, plus de trente, manuscrits de Berlioz (lettres, brouillons, réclames...), sans oublier les manuscrits de musique : ceux-ci, par leur aspect même, par les annotations, leurs collettes et va» riantes, sont d'admirables documents.
Et la musique de Berlioz est elle-même {reflet mélodique) le plus vivant, le plus intérieur des documents...
Or («si Ton me permet ce calcul dont l'évidence peut faire sourire), de 1822 à 1864, en quarante-deux ans, il y a deux mille et quelques semaines. Donc, en moyenne, pour les années actives de Berlioz, ai disposé au moins d^un document par semaine.
C'est une des raisons, et non des moindres, qui m'ont engagé à écrire, avec Berlioz comme héros, cette Histoire d'un Romantique.