‹ La jeunesse de BalzacChapitre 10 sur 155 · Voir Appendice V, pièce n · texte numérisé non relu

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Balzac donne une autre explication : il assure que c'est pour avoir voulu s'intéresser au sort d'un ouvrier imprimeur qui lui parut avoir du mérite, et qui devint son associé, qu'il se lança dans ces affaires malheureuses1.

Ce qui résulte des documents que nous avons sous les yeux, c'est que, antérieurement au mois d'avril 1825, lecélèbre éditeur romantique Urbain Canel avait entrepris de publier un Molière et un

1. « Pendant huit jours, Latouche courut tout Paris pour découvrir son Balzac ; à la fin, il apprit que son butor de génie s'était fait imprimeur rue des Marais-Saint-Germain, avec un prote de l'imprimerie Tastu pour associé. Ce prote se nommait Barbier » Voir Henri Monnier, Mémoires de Monsieur Joseph Prudhomme. Paris, Librairie nouvelle, 1857, 2 vol. in-12, t. II, p. 100.

« .... Ainsi, pour avoir 5 fois dans ma vie, voulu, moi faible, m'intéresser à des malheureux et les prendre en croupe sur mon cheval ou dans ma barque, trois fois, l'ouvrier imprimeur, Jules Sandeau et Werdet, ont brisé le gouvernail, fait sombrer la barque, m'ont jette à l'eau tout nu... » Collection Lovenjoul, ms. A 301, fol. 373 v°. — Lettres à VÉtrangerei p. 555 (lettre CXV, 22 octobre 1836).

Le peintre Boulanger venait de terminer le portrait du romancier. Balzac écrit à Mme Hanska que ce portrait sera bientôt en route (car on l'emballe cette semaine) et, de la lettre qu'il lui adresse à ce sujet, nous extrayons le passage suivant :

« ... Boulanger a vu l'écrivain et non la tendresse de l'imbécile que l'on attrapera toujours, et non la mollesse devant les douleurs d'autrui, qui fait que tous mes malheurs viennent d'avoir tendu la main à des faibles qui tombaient dans l'ornière du malheur. En 1827, pour rendre service à un ouvrier imprimeur, je me vois, en 1829, accablé de 150.000 f. de dettes et jette, sans pain, dans un grenier... » Collection Lovenjoul, ms. A 301, fol. ,414 v°. — Lettres à l'Étrangère, p. 404 (lettre CXXIV, 51 mai-3 juin 1837).

Voir aussi Balzac, sa vie et ses œuvres, par Mm" L. Surville, p. 80.

La Fontaine compacts, chacun en un seul volume in-octavo1.

Le La Fontaine devait être « imprimé à deux colonnes, en caractère dit mignone, tiré sur papier cavalier vélin de la fabrique de M. Montgoliîer, d'Annonay, orné de trente vignettes environ, dessinées par Devéria et gravées par Thompson », et ladite édition devait être tirée à trois mille exemplaires, et vendue par livraisons.

Le prospectus du Molière fut annoncé dans le numéro de la Bibliographie de la France du 23 avril 1825; celui du La Fontainedans le numéro du 14 mai 1825.

Ce qui est certain également, c'est qu'à cette même époque, c'est-à-dire vers le milieu d'avril 1825, il se constitua, spécialement pour l'entreprise des œuvres de La Fontaine, une société entre le libraire Urbain Canel, M. Charles Carron, médecin, demeurant à Paris, rue de l'Odéon, n° 17, Honoré Balzac, homme de lettres, demeurant à Paris, rue de Berry, n° 7, et M . Jacques-Edouard Benêt de Montcarville, officier en réforme, demeurant à Paris, rue Meslay, n°41. Disons, tout de suite, que cette société fut déclarée dissoute le 1er mai 182G et que Urbain

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